Akhannouch suspend la campagne de contrôle des motos débridées

Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a contacté jeudi matin le ministre des Transports Abdessamad Kayouh pour suspendre la campagne de contrôle des motos lancée le 14 août face au mécontentement populaire, selon des informations d'Hespress. Le ministre a quant à lui demandé un bilan des inspections et violations constatées.

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Selon des informations exclusives obtenues par Hespress, le chef du gouvernement a appelé à accorder aux conducteurs de motos un délai de 12 mois pour s’adapter aux normes et réglementations en vigueur dans ce domaine.

Cette période servirait de « phase transitoire durant laquelle une campagne de sensibilisation sera menée sur les dangers liés à la modification des caractéristiques techniques des moteurs de motos et leur impact sur l’augmentation des accidents de la route », indique Hespress. Elle permettra également « d’informer les services concernés de l’importance de contrôler la conformité des importateurs de ce type de véhicules aux normes en vigueur », souligne la même source.

L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) avait instauré, le 14 août, une procédure renforcée pour contrôler les cyclomoteurs, après avoir relevé qu’ils étaient impliqués dans 46 % des décès d’accidents urbains en 2023. La vitesse maximale devait ainsi être vérifiée à l’aide d’un speedomètre. Les engins atteignant 57 km/h ou moins seraient jugés conformes, et au-delà de 58 km/h, ils seraient retirés immédiatement de la circulation et envoyés à la fourrière.

Les contrevenants s’exposaient à des amendes de 5.000 à 30.000 dirhams et, en cas de récidive, à des peines de prison allant de trois mois à un an, avec possibilité de confiscation ou destruction du véhicule aux frais du propriétaire.

Une mesure qui répond à une urgence. D’après les données de 2024, les accidents impliquant des motos ont causé 1738 décès, représentant 43,19% de l’ensemble des victimes mortelles sur les routes. Les recherches effectuées en 2022 révèlent par ailleurs un usage insuffisant du casque : dans les zones urbaines, 58% des conducteurs et 32% des passagers le portent, tandis qu’en dehors des agglomérations, ces taux s’élèvent respectivement à 65% et 40%.

Les importateurs assurent que les modifications sont faites “après achat”

D’après une source consultée par Hespress, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdelssamad Kayouh, a sollicité ce jeudi, jour de fête nationale, des informations détaillées sur le nombre de motos inspectées et d’infractions recensées. L’objectif est de permettre à la NARSA d’élaborer une nouvelle note intégrant les éléments du débat public ainsi que les considérations techniques et réglementaires relatives à l’usage de ces véhicules.

“Le ministère suit de près le débat concernant l’importation de motos techniquement modifiées depuis leur origine en Chine, et un travail de coordination sera mené avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et l’Administration des Douanes afin de proposer une nouvelle approche sur cette question, de manière à éviter toute injustice”, indique la source. 

Selon cet informateur, la situation demeure ambiguë puisque les importateurs interrogés soutiennent que les transformations des motocyclettes sont réalisées une fois la vente conclue. C’est pourquoi il y aurait “une orientation claire vers un assouplissement”, tout en veillant à ce que cela se fasse dans un cadre qui “garantisse la sécurité routière et préserve les droits des usagers ainsi que de tous les acteurs du secteur”.

Il a également indiqué que “des responsables techniques ont confirmé au ministre que les modifications apportées aux motos touchent des composants sensibles, notamment le cylindre et d’autres pièces, ce qui impose de traiter ce dossier avec prudence, en raison de son impact sur la sécurité routière”.

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