Le Maroc interdit le transport de passagers par triporteurs pour freiner l’hécatombe routière

Après l'accident tragique de Kelaa des Sraghna qui a coûté la vie à huit personnes, le Maroc durcit sa politique de sécurité routière en interdisant le transport de passagers par triporteurs et en imposant un contrôle technique pour les 100.000 véhicules circulant dans le pays.

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Pourquoi ça compte ?

Parce que cette interdiction marque un tournant majeur dans la politique de sécurité routière au Maroc, dans un contexte de mortalité croissante sur les routes. Elle illustre la volonté de l’État de réguler un secteur informel devenu dangereux, tout en modernisant l’usage des véhicules à trois roues, rapporte Le360.

Ce qui s’est passé :

  • L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) a annoncé l’interdiction formelle du transport de passagers par les triporteurs.
  • Cette décision a été rendue publique le mardi 8 juillet 2025, à la suite d’un accident tragique survenu le 8 juin dans la province de Kelaa des Sraghna, ayant causé la mort de huit personnes à bord d’un triporteur modifié.
  • Le directeur de la NARSA, Nasser Boulaajoul, a également annoncé l’imposition d’un contrôle technique obligatoire pour ces véhicules souvent modifiés illégalement (ajout de sièges, modification du châssis).

Ce qu’ils ont dit :

  • “Nous avons pris la décision d’interdire le transport des personnes par les triporteurs. Ces véhicules modifiés posent un réel danger”, — Nasser Boulaajoul, directeur général de la NARSA.
  • “Le contrôle technique obligera les propriétaires à retirer les modifications dangereuses. C’est une mesure vitale”, Nasser Boulaajoul.

Quel est le contexte ?

  • Le Maroc a enregistré en 2024 plus de 4.000 décès dus aux accidents de la route, soit une hausse de 5,6 % par rapport à l’année précédente.
  • Pour les cinq premiers mois de 2025, le nombre de morts a encore augmenté de 20 %. Les triporteurs et les deux-roues sont impliqués dans plus de 70 % des accidents mortels, selon la NARSA.
  • En parallèle, le pays compte environ 100.000 triporteurs circulant souvent de manière anarchique et sans contrôle technique, notamment en zone périurbaine.

Ce que ça révèle :

  • L’État engage un virage vers un encadrement strict du transport de proximité motorisé, jusque-là très informel.
  • Cette interdiction est le reflet d’une politique publique plus ferme sur la sécurité routière, avec des mesures ciblant aussi les motos (casques homologués, radars, limitation de puissance).
  • L’automatisation des sanctions se renforce : impossibilité de vendre un véhicule si des amendes restent impayées, et possible conditionnalité de la vignette annuelle.

Le chiffre-clé :

  • 70 % : part des triporteurs et deux-roues dans les accidents mortels de la route au Maroc.