Dans un communiqué parvenu ce mercredi à TelQuel, l’OMPC proteste contre “la montée du phénomène de la commercialisation anarchique et systématique de produits prétendant traiter la dysfonction érectile et les troubles de la prostate via les réseaux sociaux”.
L’organisation “exprime sa profonde inquiétude et condamne fermement ces pratiques douteuses et dangereuses, qui sont promues sous couvert de précarité et de pauvreté, sans le moindre respect des normes élémentaires de sécurité sanitaire, et en totale absence de contrôle ou d’encadrement juridique”.
Selon les données recueillies par l’Observatoire, “ces campagnes publicitaires sont particulièrement concentrées dans les quartiers populaires et précaires de villes comme Casablanca, Fès, Marrakech et Tanger”. Ces zones sont visées “en raison de la faiblesse de la conscience sanitaire et du manque de contrôle, permettant la promotion de produits suspects qui ne font l’objet d’aucun test en laboratoire ni d’autorisation du ministère de la Santé”.
L’organisation signale que “certains de ces produits sont même introduits illégalement depuis l’étranger ou sont mélangés à des substances frelatées localement”.
Des cas d’intoxications signalés
“Des cas d’intoxication ont été signalés et hospitalisés, sans qu’aucune enquête officielle n’ait été ouverte”
L’Observatoire alerte sur le fait que “ces produits contiennent souvent des substances non autorisées, dont certaines provoquent des effets secondaires graves sur le système nerveux et reproducteur, ou entraînent une élévation dangereuse de la pression artérielle”. Des “cas d’intoxication ont été signalés et hospitalisés, sans qu’aucune enquête officielle n’ait été ouverte”, précise le communiqué.
L’organisation dénonce que les promoteurs de ces produits profitent “de la faiblesse du cadre juridique régissant le commerce numérique informel” et “exploitent les failles de la loi marocaine n° 31.08 relative à la protection du consommateur, ainsi que l’absence d’application rigoureuse des articles concernant la publicité mensongère et la mise en danger de la santé publique”.
Les contrevenants peuvent être poursuivis sur la base des “articles 1, 2 et 7 de la loi 31.08 sur la protection du consommateur”, de “l’article 72 de la loi sur la presse et l’édition concernant la publicité mensongère” et des “articles 1 et 6 du Code pénal concernant la mise en danger de la vie des citoyens”.
La nécessité d’un cadre juridique clair
L’Observatoire demande aux autorités gouvernementales d’établir “un cadre juridique clair pour encadrer la publicité numérique des produits médicaux”, d’activer “le rôle de contrôle électronique du ministère de la Santé et de l’Ordre national des pharmaciens”, d’obliger “les plateformes sociales à mettre en place un mécanisme de signalement efficace et de suppression des contenus illicites” et d’engager “des poursuites judiciaires directes contre toute personne impliquée dans la commercialisation de produits portant atteinte à la santé des citoyens”.
L’organisation s’engage à “surveiller et à suivre toutes les publicités numériques promouvant des produits de santé douteux ou trompeurs” et à signaler “immédiatement aux autorités compétentes”, notamment le ministère de la Santé et de la Protection sociale, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), le ministère public compétent et les services de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie royale en cas de soupçon de réseaux organisés.
L’Observatoire met à disposition des citoyens plusieurs moyens de signalement : un courriel officiel ([email protected]), une plateforme numérique via applications mobiles en développement, des formulaires électroniques sur le site officiel, et une coopération avec les associations de la société civile pour la réception des plaintes et la collecte de preuves.
