Selon l’analyse du Conseil sur la situation concurrentielle dans les circuits de distribution des produits alimentaires, cette chute s’explique par une série de crises climatiques et économiques ayant frappé le secteur, notamment les sécheresses successives, qui ont réduit la production de fourrages, essentielle à l’élevage, et par la flambée des prix des intrants à l’échelle mondiale.
Concernant la production nationale de yaourts, la société Centrale Danone détenait entre 30 % et 40 % des parts de marché en 2023, suivie de Copag (30 % à 40 %) et Jibal (5 % à 10 %). Le reste est réparti entre des coopératives de différentes tailles et des petites unités industrielles de transformation laitière.
Le rapport précise que près de 70 % du lait cru collecté est transformé par les coopératives ou par le secteur privé. L’industrie laitière compte environ 82 usines ou unités agréées, dont 20 assurent plus de 95 % de la production. Douze entreprises concentrent à elles seules plus de 86 % du chiffre d’affaires du secteur, mais trois d’entre elles captent à elles seules environ 74 % du marché, tous produits confondus.
Concernant les circuits de distribution non structurés, ils incluent notamment la vente ambulante via les mahlabates (laiteries traditionnelles), représentant entre 15 % et 20 % du lait collecté non transformé, ainsi que l’autoconsommation (10 % à 15 % du volume total). Les circuits traditionnels — environ 80 000 épiceries — réalisent à eux seuls 86 % du chiffre d’affaires du secteur.
Le deuxième circuit de distribution, constitué des grandes et moyennes surfaces, pèse entre 8 % et 12 % des ventes. Les produits des coopératives y sont faiblement représentés, tandis que les grandes marques y proposent des formats familiaux (lait en pack de 6, yaourts en pack de 8) vendus environ 20 % moins cher que les prix pratiqués dans les petites épiceries.
Le rapport souligne que la filière laitière est un pilier de l’économie agricole nationale et un levier important de développement rural. Elle regroupe plus de 260 000 producteurs, avec un cheptel estimé à 1,6 million de têtes (de races pures ou croisées), essentiellement réparties dans de petites exploitations. En effet, 90 % des éleveurs possèdent moins de dix vaches.
La production enregistrée en 2023 s’élève à 1,96 milliard de litres, générant plus de 450 000 emplois permanents et un chiffre d’affaires dépassant les 13,5 milliards de dirhams, dont la moitié investie dans les zones rurales. Cela représente une hausse de 3,8 % par rapport à 2022 et de 8 % par rapport à 2019.
Enfin, la filière contribue significativement à la sécurité alimentaire nationale, en couvrant 96 % de la demande intérieure, avec une consommation annuelle moyenne de 74 litres par habitant. Ce niveau reste toutefois en deçà des standards recommandés par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui fixe le seuil optimal à 80 litres par an et par personne.
