Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto : “Le Maroc est devenu un centre d’attraction pour la culture africaine”

Primé à Meknès dans le cadre du Festival international du cinéma d'animation (FICAM 2025), le réalisateur congolais et figure majeure de l’animation africaine, Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto, revient sur les bienfaits du festival pour les artistes, les liens entre cinéma d’animation et gaming, et donne son avis sur l’évolution du Maroc, notamment dans le domaine culturel et cinématographique.

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le réalisateur congolais et figure majeure de l’animation africaine, Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto, lors de la remise de son prix au FICAM Crédit: DR

TelQuel : Que représente votre participation au FICAM 2025 pour vous ?

Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto : Chaque édition du festival est l’occasion de rencontres. Toutes ne débouchent pas forcément sur des résultats concrets,mais elles nourrissent profondément l’artiste que je suis. Assister aux colloques, découvrir les œuvres de collègues ou de jeunes auteurs, écouter, échanger… c’est un véritable enrichissement personnel et professionnel.

De ces échanges naissent aussi des liens humains et artistiques indéfectibles, qui nous aident à réajuster nos créations et à avancer dans la direction artistique de nos projets personnels. Pour moi, c’est ça, le bénéfice fondamental d’un tel rendez-vous.

Quelle est votre perception du lien entre cinéma d’animation et jeux vidéo ?

L’animation a, à bien des égards, été la pionnière du jeu vidéo. On y retrouve des principes fondamentaux de mouvement, de rythme, d’univers graphiques. Aujourd’hui, cette fusion s’intensifie, mais elle ne doit pas être abordée à la légère. Ce n’est pas une simple juxtaposition d’images animées : cette hybridité requiert des compétences spécifiques et une vraie maîtrise artistique.

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Offrir au public une expérience cohérente et immersive suppose une réflexion rigoureuse. L’animation et le gaming doivent dialoguer dans une logique de complémentarité créative, non de confusion visuelle.

Quel regard portez-vous sur le Maroc et son évolution en matière culturelle ?

La ville que je connais le mieux, c’est Meknès, où j’ai souvent séjourné. En ce qui concerne mes passages à Rabat et Casablanca, ils furent plutôt courts. Cette année, j’aurai la chance de faire une tournée à l’intérieur du pays avec l’Institut français pour présenter mon travail.

Entre ma première venue en 2007 et aujourd’hui, j’observe une réelle évolution. Le Maroc est devenu un centre d’attraction pour la culture africaine. On y trouve de très bonnes écoles artistiques et professionnelles, qui accueillent de nombreux étudiants d’Afrique subsaharienne.

Il faut aussi saluer l’engagement des institutions. Le Centre cinématographique marocain soutient activement la création, en accompagnant les auteurs. C’est une dynamique rare sur le continent, qui mérite d’être soulignée.