Le film d’animation ne peut plus être abordé aujourd’hui sans réfléchir sur les enjeux artistiques, techniques et économiques communs.
« Une jolie diversité » au cœur de cette édition
« Tout simplement, c’est le lien entre le cinéma-animation et le jeu vidéo. Vous allez voir en vous promenant dans les stands qu’on a une jolie diversité. On a des studios de jeux vidéo, des studios de jeux d’animation, d’autres festivals de cinéma, des écoles de journalisme, des écoles de cinéma, avec plein de nouveautés », explique Fabrice Mongiat, directeur de l’Institut français de Meknès. « J’invite vos lecteurs à venir voir les stands de réalité virtuelle. On a plein d’animations. Toute la programmation a été faite autour de cette thématique-là. »
Un propos que renforce Widad Chraibi, directrice du FICAM : « Cette 23e édition, a choisi comme focus cette année une direction artistique permettant le dialogue entre ces deux univers. Comme vous le savez, chaque année, on choisit soit une thématique, soit une technique d’animation, soit un pays à l’honneur qu’on va mettre en avant. Cette année, le choix a été porté sur les liens qui existent entre le cinéma d’animation et l’univers du gaming. »
Former une nouvelle génération de créateurs
Le FICAM assume pleinement sa vocation pédagogique. « On reçoit à peu près plus d’une centaine d’étudiants des écoles d’art et d’audiovisuel marocain, des écoles publiques, que nous prenons en charge pendant cinq jours pour des ateliers de formation », souligne Widad Chraibi. « En plus des ateliers classiques sur le cinéma d’animation, à savoir le storyboard, le character design, l’écriture, etc., on les a étoffés avec des ateliers propres au gaming et qui permettent de travailler sur ce pont qui existe entre l’animation et le gaming. »
Un pont que Fabrice Mongiat veut voir solidement construit : « L’industrie du gaming, c’est une industrie particulière. C’est exactement le propos du thème de cette année. dans la formation, les techniques artistiques, scénaristiques ont les mêmes bases, même si bien sûr, dans le développement des produits, il y a du code, de la programmation dans le jeu vidéo qu’il y a à moins dans le cinémanimation. »
Une plateforme pour l’émergence des talents
La directrice du FICAM insiste : « Nous, à notre toute petite échelle, modestement, on a choisi comme focus le gaming. Mais voilà, le gaming c’est une orientation du ministère, donc il y a des enjeux très importants, c’est créateur d’emplois. »
Le FICAM souhaite ainsi jouer un rôle de catalyseur. Fabrice Mongiat précise : « Le fait d’avoir de plus en plus de jeunes talents qui produisent des jeux est un atout. Vous verrez, on a l’Association des gamers du Maroc qui présente. L’idée, c’est que ces jeunes puissent produire leur propre jeu, les développer. C’est les industries qui doivent se mobiliser. Et nous, on est là pour être le catalyseur. L’endroit où tout le monde va pouvoir venir discuter, se rencontrer. »
Un message réitéré par Widad Chraibi : « On espère toujours que cette plateforme d’échange, qui en est à sa quatrième édition cette année, va permettre de découvrir des jeunes talents, puisqu’on a nos étudiants fraîchement diplômés qui sont à la recherche de travail, les studios d’animation qui cherchent des maisons de production pour travailler. On est content de ces échanges. »
Un écosystème en mouvement
L’interaction entre animation et jeu vidéo n’est pas un simple effet de mode. Pour Patrice Mongiat, les parcours hybrides le prouvent : « Dans la conférence inaugurale, vous allez avoir Cédric Babouche, qui vient de la bande dessinée, puis du cinéma d’animation et qui a fini par faire des jeux. Et on a Yassine Lahrichi, Neverseen Studio, qui lui a fait le chemin inverse, jeux vidéo Ubisoft et qui maintenant a créé sa boîte de production de cinéma d’animation. Vous voyez que les liens sont réels et développés. Le grand public sait que toutes les grandes productions peuvent venir soit d’un jeu qui devient un film, soit d’un film qui devient un jeu. »
Une ouverture marquée par l’innovation
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la projection du film franco-belgo-letton « Flow », multi-récompensé à l’international. Un hommage a été rendu au réalisateur tunisien Zouheir Mahjoub, au pionnier congolais Jean Michel Kibushi, et à la réalisatrice égyptienne Zaineb Zamzam, à titre posthume.
Autre nouveauté : la compétition VR (réalité virtuelle), qui s’ajoute à celles du court et du long métrage. « On a de plus en plus de candidatures, donc ça a bien pris », se félicite Chraibi. Le Grand Prix Aïcha de l’Animation, réservé aux talents marocains, a été attribué cette année au projet « Maison sans toit ».
Une ambition partagée entre France et Maroc
Pour Agnès Humruzian, directrice générale de l’Institut français du Maroc, « le FICAM demeure le rendez-vous incontournable de tous les passionnés de l’image animée et pour ceux qui croient à la culture comme outil d’innovation et de dialogue entre les peuples. »
Elle salue le programme Video Game Incubator, lancé en mars, destiné à accompagner les entrepreneurs marocains du jeu vidéo dans la structuration et le développement de leurs projets. « Le Maroc et la France ont beaucoup à partager sur ces dynamiques », dit-elle, appelant à renforcer les synergies internationales.
