Anis Lahmam Bennani. “Accueillir le WCS au FICAM attribue au cosplay marocain une reconnaissance mondiale”

Le World Cosplay Summit (WCS), organisé par la Manga Afternoon et B-Square Agency, fait pour la première fois escale au Maroc, lors du FICAM de Meknès. Un événement inédit qui marque une reconnaissance internationale du cosplay marocain comme discipline culturelle structurée. L'occasion de faire du Maroc un acteur majeur du circuit mondial, avec une sélection rigoureuse, un travail de professionnalisation et l’espoir d’accueillir à terme une finale continentale.

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Pour la première fois, le prestigieux World Cosplay Summit (WCS) fait escale au Maroc dans le cadre du FICAM de Meknès. Anis Lahmam Bennani, co-organisateur de la première édition marocaine du WCS, organisée en marge du FICAM, revient sur cette reconnaissance mondiale qui propulse le cosplay local sur la scène internationale. Entre sélection rigoureuse, ambitions culturelles et volonté de structuration, le Maroc se positionne comme un nouvel acteur crédible du circuit mondial. Interview.

TelQuel. C’est la première fois que le WCS est présent au FICAM. Que représente cette intégration pour vous et pour la scène cosplay au Maroc ?

“C’est un véritable tournant pour le cosplay marocain, qui passe du statut de loisir amateur à celui de discipline culturelle structurée, portée par une expertise reconnue à l’international”  

Anis Lahmam Bennani, co-organisateur de la première édition marocaine du WCS

Anis Lahmam Bennani. Bien que le Maroc ait déjà accueilli plusieurs événements cosplay à l’échelle nationale, c’est la première fois que le World Cosplay Summit (WCS), un évènement d’une si grande ampleur arrive en Afrique du Nord. Cette reconnaissance mondiale légitimise pleinement la scène locale. Elle atteste de notre capacité à respecter des standards internationaux et permet à nos talents de se mesurer à l’élite mondiale dans un cadre officiellement reconnu. C’est un véritable tournant pour le cosplay marocain, qui passe du statut de loisir amateur à celui de discipline culturelle structurée, portée par une expertise reconnue à l’international.

Quels critères ont été retenus pour sélectionner les participants à cette édition du WCS à Meknès ? Et quels seront les enjeux pour les lauréats ?

Nous avons privilégié trois grands critères :

  • Qualité artisanale et technique : évaluant la précision des costumes, la maîtrise des matériaux et la justesse des finitions.
  • Performance scénique : appréciant la mise en scène, l’interprétation du personnage et la capacité à captiver le public.
  • Créativité et originalité : récompensant les propositions qui apportent une valeur ajoutée, qu’il s’agisse d’adaptation culturelle ou d’innovation technique.

Pour les lauréats, l’enjeu est double. D’une part, ils représenteront le Royaume du Maroc lors de la grande finale mondiale à Nagoya, face aux meilleurs costumés du monde entier. D’autre part, ils bénéficieront d’une visibilité accrue auprès de partenaires culturels et médiatiques, ouvrant la porte à des collaborations, des résidences créatives ou des projets professionnels dans l’univers du spectacle vivant et de l’animation.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans l’organisation un événement cosplay d’envergure internationale au Maroc, et comment les avez-vous surmontées ?

Plusieurs défis se sont présentés. Le premier concerne la logistique et les infrastructures. Il fallait à la fois trouver un lieu technique (son, lumière, loge) et suffisamment vaste pour accueillir les scènes et les stands. Nous avons collaboré étroitement avec les équipes du FICAM pour adapter leurs espaces. Le second a été de trouver un soutien institutionnel en obtenant la WCS et en encourageant les autorités culturelles à reconnaître le cosplay. Nous avons organisé des rencontres de sensibilisation et présenté un dossier complet démontrant l’impact culturel et économique de notre événement. Grâce à ces actions, chaque étape – de l’accueil des délégations étrangères à la sécurité, en passant par la médiation culturelle avec le public – s’est déroulée dans les meilleures conditions.

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Le cosplay est encore parfois perçu comme un simple loisir. Comment travaillez-vous à faire reconnaître cette pratique comme une véritable forme d’expression artistique et culturelle ?

Nous agissons sur trois volets complémentaires. Le premier : celui de la professionnalisation. En collaborant avec des cosplayeurs, nous souhaitons que cela devienne une vraie institution au Maroc. Le second est la médiation et l’éducation. Lors du festival, nous souhaitons montrer les coulisses mais également tout ce qui entoure le Cosplay : les inspirations, les designs… Le but est de dévoiler toutes les facettes de cet art. On aimerait transmettre cette passion à d’autres personnes qui aiment le monde des animés. Toutes ces initiatives convergent vers un même objectif : dépasser l’idée du simple « déguisement » pour révéler une discipline riche, structurée et porteuse de sens.

“À terme, le Maroc pourrait même accueillir l’une des finales continentales, renforçant ainsi notre position de hub culturel entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest”

Anis Lahmam Bennani, co-organisateur de la première édition marocaine du WCS

À plus long terme, envisagez-vous que le Maroc devienne une étape régulière ou officielle du circuit international du World Cosplay Summit ?

Absolument. Notre ambition est d’instaurer chaque année une sélection marocaine, en partenariat officiel avec le WCS. Nous souhaitons également développer des tournées régionales – dans les grandes villes comme Casablanca, Marrakech ou Agadir – pour renforcer l’ancrage local et préparer de nouveaux talents. À terme, le Maroc pourrait même accueillir l’une des finales continentales, renforçant ainsi notre position de hub culturel entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest. Ce projet s’appuiera sur un écosystème durable, mêlant institutions publiques, sponsors privés et acteurs du secteur créatif. On souhaite à terme concurrencer les plus grands, à savoir nos amis japonais.