London Bridge is down. L’opération tant redoutée a été exécutée hier, après l’annonce de la mort de la reine Elizabeth II, monarque du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de 11 autres États du Commonwealth.
Minute de silence à l’ONU, tour Eiffel privée de ses lumières, drapeaux en berne sur la Maison Blanche mais aussi dans le sultanat d’Oman, jours de deuil au Brésil, en Jordanie ou à Cuba…
Les drapeaux étaient en berne sur le palais de Buckingham comme partout au Royaume-Uni. La programmation de la BBC, la télévision officielle britannique, a été interrompue, le logo de la chaîne en noir et blanc et le présentateur vêtu de noir.
Quelques minutes après l’annonce, le monde s’associe au deuil des Britanniques, pleurant “une reine de cœur” dont “la dignité” et “le sens du devoir inaltérable” ont suscité une pluie d’hommages unanimes.

Adressant “leurs pensées” à la famille royale et à son peuple, chefs d’État ou de gouvernement se sont dits personnellement affectés par le décès de la souveraine qui, en 70 ans de règne, a rencontré quasiment tous les grands responsables de la planète.
Minute de silence à l’ONU, tour Eiffel privée de ses lumières, drapeaux en berne sur la Maison Blanche mais aussi dans le sultanat d’Oman, jours de deuil au Brésil, en Jordanie ou à Cuba… les marques de respect se sont multipliées aux quatre coins du globe.
Mohammed VI pleure “un symbole de la grandeur du Royaume-Uni”
Le roi Mohammed VI a de son côté adressé un message de condoléances et de compassion à Charles III, nouveau monarque du Royaume Uni, suite au décès de la reine Elizabeth II.
Dans ce message, Mohammed VI indique avoir appris avec une “profonde tristesse le décès de Votre mère, Sa Majesté la Reine Elizabeth II. Qu’elle repose en paix”. Dans ces circonstances les plus difficiles, le souverain dit “se remémorer, avec beaucoup d’estime, les qualités et les mérites de cette illustre Reine qui se tenait, invariablement, comme un symbole de la grandeur du Royaume-Uni, consacrant Sa vie entière aux services de son pays”.

“Sous le règne de cette Monarque exceptionnelle, le Royaume-Uni a réalisé beaucoup de progrès et prospérité et acquis une grande stature aussi bien sur le plan régional qu’international”, écrit Mohammed VI à Charles III.
Avec la disparition de la reine Elizabeth II, “le Royaume du Maroc a perdu une grande amie spéciale qui était profondément respectée”, souligne le roi, ajoutant : “Sa Majesté la Reine tenait particulièrement à renforcer l’amitié de longue date entre nos deux monarchies séculaires.”

Un règne défini par la “grâce, l’élégance et un sens du devoir inaltérable”
Le président américain, Joe Biden, a quant à lui, salué “une femme d’État d’une dignité et d’une constance incomparables”. Elizabeth II était “plus qu’une monarque. Elle incarnait une époque”, a ajouté le président américain, qui a signé en personne le registre de condoléances ouvert en son honneur par l’ambassade du Royaume-Uni à Washington.
Son règne est défini par la “grâce, l’élégance et un sens du devoir inaltérable”, a renchéri l’ex-locataire de la Maison Blanche Barack Obama.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui aussi noté “la grâce, la dignité et le dévouement” d’Elizabeth II.
“Il n’y a pas de mots pour rendre hommage, même partiellement, à l’importance primordiale de cette reine, à son sens du devoir, à son intégrité morale, à son dévouement et à sa dignité”, selon l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel.
La mort d’Elizabeth II met d’accord même les pires ennemis
“Pendant de nombreuses décennies, Elizabeth II jouissait à juste titre de l’amour et du respect de ses sujets, ainsi que d’une autorité sur la scène mondiale”, a commenté le président russe Vladimir Poutine.
Faisant part de “sa profonde tristesse”, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré “une perte irréparable”.
Aux États-Unis, l’ancien président républicain Donald Trump a abondé dans le sens des démocrates Joe Biden et Barack Obama, louant une souveraine qui laisse selon lui “un extraordinaire héritage de paix et de prospérité”.
“Je garde le souvenir d’une amie de la France, une reine de cœur qui a marqué à jamais son pays et son siècle”, a réagi le président français Emmanuel Macron.
To you, she was your Queen.
To us, she was The Queen.
She will be with all of us forever. pic.twitter.com/PaL1DRmlHK— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 9, 2022
Elle était aussi “une amie remarquable de l’Irlande”, selon son président Michael D. Higgins, mais aussi “une présence constante” dans la vie des Canadiens qui la “chériront toujours”, d’après le Premier ministre Justin Trudeau.
“Profondément attristé”, le pape François a fait savoir qu’il priait pour Elizabeth II et Charles III.
En Inde, le Premier ministre Narendra Modi s’est également dit “peiné par sa disparition”. Le gouvernement argentin a exprimé son “chagrin”, les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et cubain Miguel Diaz-Canel leur “tristesse”.
“Elle nous manquera terriblement”, a prédit la reine du Danemark Margrethe II.
“Son décès est une immense perte pour le peuple britannique”, a estimé le président chinois Xi Jinping.
Elle avait écrit des chapitres de l’Histoire
Le roi des Belges Philippe et son épouse ont rendu hommage jeudi à “une monarque d’exception qui a profondément marqué l’Histoire”.
Le roi d’Espagne Felipe VI a même jugé qu’elle avait “écrit les chapitres les plus pertinents de l’Histoire” ces sept dernières décennies.
La reine Elizabeth II a symbolisé “la réconciliation” avec l’Allemagne, contribuant à “panser les plaies” de la Seconde Guerre mondiale, a notamment souligné le chef de l’État allemand Frank-Walter Steinmeier.

La disparition de cette souveraine, qui a “joué un rôle extrêmement important pour la paix et la stabilité mondiales”, est une “grande perte” pour la communauté internationale, a abondé le Premier ministre japonais Fumio Kishida.
Sa mort laisse un immense vide dont le souvenir “restera gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire mondiale”, pour le président du Pakistan Arif Alvi.
“Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires à travers le monde”, a renchéri le président sud-africain Cyril Ramaphosa.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué en Elizabeth II “un modèle de continuité”, “dont le calme et le dévouement ont donné de la force à beaucoup”.
“Tout au long de sa riche carrière, elle a été une source d’inspiration et de noblesse”, a renchéri l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Pour le roi Salmane d’Arabie Saoudite, Elizabeth II “était un modèle de leadership qui restera immortel dans l’histoire”.
Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a jugé que cette “figure exceptionnelle” “symbolisait la dévotion et l’amour pour sa patrie”.
Pour le président philippin Ferdinand Marcos, “elle a montré au monde l’exemple de la grande dignité d’un vrai monarque, de son sens du devoir et de son dévouement envers tous ses sujets”.
De Joe Biden, qui l’avait rencontrée pour la première fois en 1982, à Angela Merkel qui a évoqué “l’honneur de la recevoir” une dernière fois à la fin de son mandat l’an dernier, plusieurs personnalités ont partagé leurs souvenirs de la reine, y compris dans des enceintes inattendues.
“Nous nous souviendrons toujours d’elle avec affection, surtout qu’elle a vécu ici quand elle était une petite princesse”, a également tweeté le Premier ministre de Malte Robert Abela.
(avec MAP et AFP)
