Dernière réunion de la majorité : rien de nouveau sous le soleil, malgré la crise

Les secrétaires généraux des trois partis de la coalition de la majorité (RNI, PAM et PI) se sont réunis vendredi 8 avril au soir au nouveau siège du PAM à Rabat. Les trois responsables politiques se sont ensuite exprimés devant la presse. Qu'ont-ils dit ?

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Conférence de presse de la présidence de la coalition de la majorité gouvernementale Crédit: MAP

Ce qui a été annoncé : Rien. Alors que les Marocains s’attendaient à de nouvelles mesures et décisions en vue d’atténuer l’impact de la flambée inédite des prix de plusieurs matières et produits essentiels, la majorité gouvernementale s’est contentée de rappeler des mesures prises en faveur des professionnels sans apporter de nouveautés.

Le contexte de la réunion : Certes, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des réunions périodiques des composantes de la majorité, mais cette fois-ci, le contexte porte certaines particularités. En effet, la réunion des patrons des trois partis intervient en même temps que l’ouverture de la deuxième session de l’année législative. S’agissant de la situation au sein de la coalition de la majorité, les dernières semaines ont été marquées par la propagation de plusieurs rumeurs sur des « menaces du PAM de quitter le gouvernement », démenties par la présidente du conseil national du parti, Fatima-Zahra Mansouri, à l’issue de ladite réunion.

Ce qui a été dit :

Par Aziz Akhannouch (RNI) : Concernant la hausse des prix, le chef du gouvernement et président du Rassemblement national des indépendants (RNI) a de nouveau indiqué que la crise internationale liée à la guerre en Ukraine en est la cause, insistant sur les problèmes d’approvisionnement en matières premières à l’échelle internationale. « Les circonstances ne sont pas ordinaires. Il existe des problèmes d’approvisionnement en matières premières à l’échelle mondiale, ce qui a engendré une hausse des prix, au niveau international, de plusieurs matières et produits, notamment l’énergie, les céréales et le secteur du BTP », a-t-il dit.

Quant à l’exécution du programme gouvernemental, particulièrement dans les secteurs de l’emploi, de l’éducation et de la santé, Akhannouch s’est félicité de l’avancement des chantiers de la couverture sociale et de la mise en œuvre de la loi-cadre de l’enseignement ainsi que de la charte d’investissement, donnant l’exemple du lancement des programmes « Awrach » et « Forsa ». « À date d’aujourd’hui, rien n’empêchera ce gouvernement de mettre en œuvre tout son programme, bien que l’horizon soit incertain », a-t-il promis.

Par Nizar Baraka (PI) : Pour sa part, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal Nizar Baraka a aussi rappelé les répercussions de la guerre en Ukraine sur les prix de certaines matières premières au Maroc, rassurant les Marocains sur le fait que le gouvernement est conscient des difficultés qu’ils vivent. « Nous sommes conscients des circonstances difficiles que vit le pays, (…) nous sommes aussi conscients que plusieurs familles pauvres et de classe moyenne ont été touchées par cette crise. (…) Le gouvernement fera de son mieux en vue d’atténuer les répercussions de cette crise sur les citoyens et sur les entreprises marocaines, les PME en particulier », a-t-il dit, sans annoncer aucune mesure en faveur de ces Marocains.

Cependant, Baraka a indiqué que cette situation (de flambée de prix, ndlr) pourrait durer encore, selon l’évolution de la situation en Ukraine. « Malgré la crise, nous essayons de maintenir les investissement publics afin de promouvoir la création d’emplois en faveur de la jeunesse marocaine », a-t-il conclu.

Par Abdellatif Ouahbi (PAM) : Quant au patron du Parti authenticité et modernité (PAM), il a voulu rassurer sur la bonne entente entre les trois partis de la majorité, soulignant que la tenue périodique de ces réunions traduit l’harmonie de cette coalition.

Il a également indiqué que le débat lors de la réunion « était clair et franc », ajoutant que cela permettra au gouvernement « de servir encore plus l’intérêt des citoyens ».

Pour Ouahbi, la session parlementaire qui vient de s’ouvrir se veut « purement législative ». « Cette session sera marquée par l’examen et l’adoption de plusieurs projets de lois, (…) de son côté, le gouvernement sera ouvert sur tout débat politique et prêt pour passer des lois que nous estimons fondamentales pour plusieurs réformes politiques et sociales dans notre pays », a-t-il promis.

La situation avant : Les prix des carburants, céréales, matières premières du BTP et produits de consommation ont connu une flambée inédite avant le début du mois de Ramadan.

Concernant les carburants, les tarifs du gasoil et du sans plomb à la pompe sont toujours en ascension, dépassant la barre des 14 dirhams le litre dans la plupart des villes du royaume.

Quant aux céréales, le prix du blé local est à 550 dirhams le quintal (contre 380 à 400 dirhams auparavant) alors que celui importé frôle les 750 dirhams le quintal, contre 400 dirhams auparavant. Les prix des pois chiches et lentilles (demande remarquablement plus importante durant le mois sacré) ont grimpé aussi. En effet, le prix du pois chiche varie entre 8 et 14 dirhams (de 6 à 11,5 dirhams auparavant), alors que le prix des lentilles a progressé de 2 dirhams le kilo.

Concernant les matières premières du secteur du BTP (en agonie depuis le début de la pandémie), l’acier a vu son prix augmenter de 2 dirhams le kilo atteignant les 12 dirhams (au lieu de 10 auparavant). Le prix de la tonne est donc passé de 9000 dirhams à plus de 10500 dirhams.

Pour en savoir plus :

Afin de faire face à la flambée inédite des prix du gasoil au Maroc, le gouvernement a mis en place des subventions exceptionnelles aux professionnels du transport. Côté emploi, l’Exécutif avait lancé le 15 mars le programme « Forsa » en faveur des jeunes porteurs d’idées d’entrepreneuriat.