Traite d’êtres humains : un réseau opérant entre le Maroc et l’Espagne devant la justice

La Cour provinciale de Malaga examinera les 24 et 25 juin une affaire impliquant un réseau accusé de traite des êtres humains et d’exploitation de femmes migrantes à des fins de prostitution, après les avoir attirées en Espagne au moyen de fausses promesses d’emploi et d’études.

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Selon le parquet espagnol, ce réseau opérait depuis Malaga et disposait de ramifications dans plusieurs pays, notamment le Nigeria, le Maroc, le Danemark et l’Allemagne. Il était dirigé par une femme soupçonnée de coordonner le recrutement des victimes, leur transfert vers l’Europe et leur exploitation sexuelle dans le but d’en tirer des profits financiers.

D’après les éléments du dossier, les membres du réseau ciblaient des femmes en situation de grande précarité sociale et économique, en leur faisant miroiter des emplois légaux, notamment dans le secteur de la coiffure. Une fois arrivées en Espagne, elles étaient contraintes de se prostituer afin de rembourser d’importantes dettes qui leur étaient imposées en contrepartie de leur migration vers l’Europe.

Les actes d’accusation évoquent notamment le cas de deux victimes nigérianes. L’une d’elles aurait été contrainte de rembourser 35.000 euros pour son transfert vers l’Espagne. Avant son départ, elle aurait également été soumise à des rituels de sorcellerie destinés, selon le parquet, à exercer une pression psychologique et à assurer son obéissance.

Le parquet affirme que cette victime remettait l’intégralité des revenus tirés de la prostitution aux membres du réseau. Elle aurait également été déplacée dans plusieurs pays européens à cette fin. Son jeune enfant serait resté sous le contrôle de la principale accusée, qui la menaçait de le priver de nourriture ou de le remettre aux autorités si elle cessait de payer.

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La seconde victime aurait rejoint l’Espagne à l’issue d’un parcours qualifié de « difficile » par le ministère public, passant par le Maroc avant d’embarquer sur une embarcation utilisée pour l’immigration irrégulière. À son arrivée, elle aurait elle aussi été contrainte de se prostituer après avoir subi des violences et des menaces.

L’enquête a révélé que la principale accusée avait effectué plus de 200 opérations financières et reçu des transferts d’argent provenant de plusieurs femmes nigérianes ainsi que d’autres personnes. Les autres membres du réseau sont accusés d’avoir participé au recrutement des victimes, à leur transport et au contrôle des fonds issus de leur exploitation.

Le parquet espagnol requiert jusqu’à 17 ans de prison contre chacun des cinq accusés, ainsi que le versement d’une indemnisation de 25.000 euros à chacune des victimes. Ils sont poursuivis pour traite des êtres humains, exploitation de migrants et prostitution forcée.