La Team USA a eu vent de la bonne nouvelle dans l’après-midi du dimanche 5 juillet : Folarin Balogun pourra disputer le match décisif des États-Unis cette nuit contre la Belgique (1h, heure du Maroc). Un match qui pourrait qualifier le pays organisateur en quarts de finale de Coupe du Monde, une première depuis 2002.
C’est après un tacle sur la cheville droite du joueur Tarik Muharemović que Balogun a écopé, le 2 juillet, d’un carton rouge. Suspendu lors la demi-heure finale du match contre la Bosnie-Herzégovine, celui-ci pensait devoir rester sur le banc pendant toute la durée de la rencontre avec les Diables Rouges ce lundi.
C’était sans compter sur la détermination de l’administration Trump, qui dès le coup de sifflet final, conteste l’arbitrage. « Ils se sont fait entuber avec ce carton rouge. Il faudrait une procédure d’appel pour ça. C’est probablement trop tard pour ça, n’est ce pas ? », s’inquiète Marco Rubio, secrétaire d’État. L’inquiétude est de courte durée. Après plusieurs jours de silence et trois coups de fils passés au président de la FIFA, selon les informations du Guardian, Donald Trump soulage la Team USA en faisant suspendre le carton rouge.
À la Maison Blanche ce lundi, le président américain s’explique : « J’ai demandé un réexamen parce que je ne pensais pas que c’était une faute », estimant que les règles du carton rouge étaient « injustes » et que l’arbitre était « très douteux ». Satisfait de l’obtention de l’exemption, il écrit sur son réseau Truth Social : « Merci à la FIFA d’avoir fait ce qui était juste et renversé cette injustice ! ».
Mauricio Pochettino, sélectionneur de l’équipe américaine, avait exprimé la même chose en conférence de presse le 5 juillet : « contre la Bosnie-Herzégovine, on a joué avec 10 hommes pendant 30 minutes, c’est une décision complètement injuste. Mais ce n’est pas seulement parce que je suis le coach de l’équipe nationale que je défends ça. 99,9% des gens sont d’accord, car la décision était injuste ».
De son côté, la FIFA justifie sa décision en invoquant l’article 27 de son code disciplinaire. Celui-ci permet la suspension intégrale ou partielle d’une mesure disciplinaire avec une période probatoire allant d’un à quatre ans. En d’autres mots, si « Folarin Balogun commet une autre infraction d’une nature et d’une gravité équivalentes au cours de cette période probatoire, la suspension sera révoquée et la sanction appliquée », déclare la FIFA dans un communiqué le 5 juillet. L’article 27 avait également été utilisé plus tôt dans la compétition afin de permettre à Cristiano Ronaldo de jouer l’ensemble des rencontres du Portugal malgré un carton rouge lui valant une suspension de trois matchs.
Face à cette décision de la FIFA, la Fédération royale belge de football s’est dite stupéfaite. Dans un communiqué publié le 6 juillet, elle a déclaré examiner « toutes ses pistes potentielles » tout en regrettant un délai court, un manque de communication mais aussi de justificatifs juridiques de la part de la fédération.
Une décision digne d’un « premier avril »
Rudi Garcia, sélectionneur de l’équipe nationale belge, a partagé la stupeur de l’association lors d’une conférence de presse dimanche soir, « Je ne savais pas que, dans les bureaux de la FIFA, le 5 juillet correspondait au 1er avril en Europe ». Avant d’ajouter : « La Fédération belge, elle ne se défend pas elle-même, elle ne défend pas l’équipe nationale, elle défend le football en général. Elle défend son intégrité, elle défend son éthique ».
Côté européen, l’UEFA a exprimé son « incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable ». Elle rappelle que « le football, comme tout autre sport, repose sur des règles, qui sont le fondement d’une compétition équitable, honnête et transparente. Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. En l’occurrence, ce n’est pas le cas ». Et s’inquiète d’une « ligne rouge » franchie par la FIFA.
Glenn Micallef, commissaire européen aux sports, a quant à lui déclaré que « les décisions relatives aux règles et aux questions sportives relèvent des instances sportives, et non des hommes politiques. Influencer ces décisions compromettrait l’autonomie du sport ».
Mérité ou non, la levée du carton rouge de Folarin Balogun pourrait ouvrir la porte à d’autres exceptions et à davantage de traitements de faveur accordés lors d’appels téléphoniques entre présidents et fédérations. Des appels qui semblent pourtant d’un autre temps, avec comme dernier cas en date le joueur brésilien Garrincha. Après avoir reçu un carton rouge en demi-finale de Coupe du Monde 1962, le joueur a pu disputer la finale aux côtés de son équipe, notamment grâce à un appel du président chilien au comité de la FIFA.
Reste à savoir si, comme Garrincha en 1962, le retour de l’attaquant monégasque sur le terrain sera suffisant pour vaincre les Diables Rouges et derrière eux toute la Belgique, bien déterminée à donner une leçon de fairplay aux américains.
