Être ici ce soir et me produire à Casablanca, la ville où je suis née il y a presque 26 ans, est tout simplement irréel », nous confie-t-elle. L’émotion est palpable. « J’ai l’impression d’avoir retenu mes larmes tout ce temps, parce que je me sens tellement nostalgique. Je repense à mon enfance et à tous les moments qui ont fait de moi la personne que je suis ».
Si sa carrière s’est construite outre-Atlantique, l’artiste affirme n’avoir jamais rompu le lien avec son pays d’origine. « J’ai grandi au Canada, mais le Maroc ne vous quitte jamais. C’est ce que je suis au plus profond de moi, c’est dans mon sang. Je me sens tellement chez moi ici, je me sens tellement en paix », explique-t-elle. Un retour qu’elle dit vivre pleinement : « J’essaie simplement de profiter de tout cela autant que possible ».
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Le hasard du calendrier rend ces retrouvailles encore plus spéciales. Quelques jours avant son anniversaire, célébré avec le public, Faouzia mesure le chemin parcouru depuis son départ du Maroc. « Mes parents ont immigré au Canada quand j’avais un an, quelques jours seulement après mon anniversaire. C’était, je crois, le 7 ou le 8 juillet 2001. Aujourd’hui, le 3 juillet, 25 ans sont passés. Tout un parcours aussi. Je repense à tout ce qui m’a menée jusqu’à cet instant et je me sens comme la fille la plus chanceuse au monde », raconte-t-elle.
Influences classiques
Avec des titres comme Tears of Gold ou Minefields avec John Legend, Faouzia s’est imposée sur la scène internationale grâce à une voix puissante et un univers où se mêlent pop contemporaine, ballades orchestrales et influences classiques. Interrogée sur sa propre définition de sa musique, elle répond simplement : « Si je devais vous décrire ma musique, je dirais qu’elle est dramatique, émotive, intense et aussi influencée par la musique classique ».

Une vocation qui remonte à la petite enfance. « Je chante depuis que j’ai deux ou trois ans. Je ne me souviens pas d’une époque où je ne chantais pas ou n’écrivais pas. Ça a toujours fait partie de ma vie et de ce que je suis », détaille-t-elle.
Avec le temps, cette passion est devenue une évidence : « En grandissant, j’ai simplement compris que je voulais en faire mon métier. Mais la musique, la créativité et l’écriture ont toujours été la plus grande partie de ce que je suis. Il n’y a donc pas vraiment eu un moment précis où j’ai commencé à chanter ou à écrire. Ça a toujours été quelque chose de très… je dirais, inné ».
Une deuxième avec Dystinct
Quant à une future collaboration avec un artiste marocain, Faouzia ne cache pas son envie de retravailler avec Dystinct, avec qui elle a récemment partagé un morceau. « J’ai récemment travaillé avec Dystinct et j’aimerais refaire une collaboration avec lui. Sinon… il y en a tellement. Je ne peux pas choisir. Il y a tellement de grands artistes. J’en écoute tellement que je ne peux pas en choisir un », répond-elle.
Le concert de Faouzia a constitué l’un des temps forts de cette deuxième soirée de Jazzablanca. La programmation du 3 juillet faisait également la part belle au jazz, à la soul et au funk avec les prestations d’Urban Folklore, de Theo Croker, et de Selah Sue accompagnée de The Gallands.

Le guitariste américain Cory Wong a clôturé la soirée avec un concert résolument funk. Une programmation éclectique qui promet de faire dialoguer les esthétiques musicales et les différentes générations d’artistes.

