Terre productrice d’antimoine — extrait du minerai de stibine — pendant la période coloniale, le Maroc renoue avec ce secteur. Début juin, le canadien Steadright Critical Minerals a annoncé l’acquisition de la majorité d’une société marocaine spécialisée dans l’exploration d’antimoine. Dans le même temps, le britannique Xtract Resources a décroché une licence minière pour la mine d’Amghas, convoitée depuis près d’un an.
Méconnu, l’antimoine dispose pourtant d’un réel bagage historique. À commencer par son étymologie, expliquée par de nombreuses théories. Parmi les plus crédibles, antimoine signifierait en grec « contre la solitude », car il est rarement trouvé seul dans son état métallique pur. D’autres justifient cette appellation par le fait que cet élément aurait tué plusieurs moines au Moyen-Âge. Autre légende à son sujet, l’antimoine est également accusé d’avoir causé la mort du maestro Mozart, suite à un surdosage.
Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire : l’antimoine est devenu une affaire sérieuse. Le métalloïde — métal semi-conducteur — est classé comme un minerai critique, notamment pour les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. Il est utilisé dans les industries stratégiques, comme la défense, l’énergie et les technologies propres, indique à TelQuel Youssef Atif, géologue et maître de conférences à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès.
