Ce qui branche → Auto Nejma surfe sur le boom électrique

Auto Nejma affiche 815 millions de dirhams de chiffre d’affaires au premier trimestre 2026, en hausse de 3%. Les volumes progressent de 20%, portés par le succès de BYD, qui passe de 1347 à 1627 véhicules vendus sur la période. La trésorerie nette ressort en territoire positif à 68 millions de dirhams, contre -301 millions un an plus tôt, soit un redressement de près de 369 millions en douze mois. Le groupe investit 39 millions de dirhams dans l’extension de son réseau commercial, avec la réouverture du site historique du boulevard Bahmad et l’avancement du chantier de Bouskoura. Preuve que le groupe parie sur la durée, pas seulement sur la conjoncture favorable. Le marché automobile marocain a progressé de plus de 22% au premier trimestre. Auto Nejma, qui a misé tôt sur l’électrique via BYD, en récolte les fruits. Reste à savoir si le groupe va pouvoir tenir ce rythme face à l’afflux de nouveaux importateurs de marques chinoises qui se bousculent désormais au portillon.
Ce qui se dénoue → Sanlam tourne la page Salafin

Sanlam Maroc a cédé 130 000 actions Salafin sur le marché central le 19 mai, franchissant à la baisse le seuil de 5% du capital. À l’issue de l’opération, le groupe ne détient plus que 0,85% de la société de crédit à la consommation. Sanlam indique ne plus avoir l’intention de céder d’autres titres Salafin dans les six prochains mois. Ce désengagement intervient alors que Sanlam est en cours de rapprochement avec Allianz au niveau africain, une opération qui pousse le groupe à rationaliser ses participations minoritaires dans plusieurs marchés. Salafin se retrouve avec un actionnariat reconfiguré à un moment où le crédit à la consommation affiche une dynamique soutenue au Maroc. La vraie question est de savoir qui absorbera ces titres et si un nouvel actionnaire stratégique viendra prendre position dans la société.
Ce qui se solde → JTEKT solde son usine de Tanger

L’équipementier japonais JTEKT cède sa filiale marocaine au fonds allemand DUBAG dans le cadre d’une restructuration mondiale. L’usine de Tanger Automotive City, spécialisée dans les systèmes de direction assistée électrique, affiche un chiffre d’affaires annuel supérieur à 1,4 milliard de dirhams. La finalisation est prévue fin août 2026. JTEKT transfère ces actifs pour une valeur symbolique afin de se recentrer sur des zones et segments jugés plus porteurs. Six autres filiales en Europe et aux États-Unis sont également concernées. Le fonds DUBAG, de son côté, est spécialisé dans la reprise d’entreprises industrielles en transition. Son entrée à Tanger soulève une question concrète : va-t-il maintenir les volumes, investir ou dégraisser avant une revente ? Pour les constructeurs clients, la continuité des livraisons est l’enjeu immédiat.
Ce qui affleure → Le Maroc ouvre son sol à l’antimoine britannique

Le groupe britannique Xtract Resources a obtenu le 2 juin une licence minière de dix ans pour son projet d’antimoine d’Amghas, dans le nord-ouest du Maroc. Une unité de traitement de 70 000 tonnes par an est en cours de transfert depuis Casablanca vers le site, avec des premières ventes visées au quatrième trimestre 2026.
Xtract ambitionne une plateforme régionale intégrant les minerais d’Amghas, de la mine voisine d’Ighoud et de producteurs artisanaux locaux. Classé minerai critique par l’UE et les États-Unis, l’antimoine entre dans les alliages, les retardateurs de flamme et les batteries. Son prix a bondi ces dernières années, faisant de ce métal discret l’un des plus convoités du moment, porté par la transition énergétique et les restrictions chinoises à l’export. Valoriser ces ressources critiques est un enjeu de souveraineté autant qu’économique.
