Nabyla Maan : “J'ai grandi avec le Festival des musiques sacrées de Fès”

Voix iconique du Maroc, Nabyla Maan se produit ce soir à Bab Makina dans le cadre de la 29e édition du Festival des musiques sacrées de Fès. Rencontre avec une artiste enracinée dans sa ville, ouverte sur le monde.

Par

Yassine Toumi

Fès, ville millénaire et capitale des spiritualités, accueille en ce mois de juin sa 29e édition du Festival des musiques sacrées du monde. Parmi les voix qui illuminent cette édition placée sous le signe des gardiens du patrimoine, une artiste marocaine s’impose : Nabyla Maan.

Née à Fès, bercée dès l’enfance par les musiques arabo-andalouses, elle est devenue l’une des interprètes les plus singulières de sa génération — celle qui ose mêler le melhoun, le gharnati et le jazz sans trahir l’âme de ses racines.

Ce vendredi soir, elle incarne sur la scène de Bab Makina la mémoire brodée de l’Andalousie perdue, aux côtés de grandes voix venues du Liban, de l’Inde et d’Allemagne. Interview.

TelQuel : Ce soir vous vous produisez dans le cadre de la soirée “Hymnes – Voix de femmes d’Orient et d’Occident”. Que représente pour vous le fait de participer à ce festival, ici à Fès ?

Nabyla Maan : Fès est ma ville natale, une ville qui accorde une place immense au patrimoine. Faire partie de ce festival me réchauffe vraiment le cœur, surtout pour cette édition. C’est quelque chose de très important pour moi.

Vous êtes née et avez grandi à Fès. Qu’est-ce que le Festival des musiques sacrées du monde a de si particulier, que d’autres n’ont pas ?

“Au festival des musiques sacrées de Fès, il y a une émotion partagée entre le public et les artistes, quelque chose de profondément spirituel”

Nabyla Maan, chanteuse

J’ai grandi avec ce festival, je l’ai vu évoluer au fil des années. Ce qui le rend si unique, c’est cette diversité d’artistes qui se retrouvent parfois sur la même scène, le même soir. Il y a une émotion partagée entre le public et les artistes, quelque chose de profondément spirituel.

 

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Ce soir, vous partagez la scène avec des femmes venues de plusieurs horizons musicaux et culturels différents : l’Inde, l’Allemagne et le Liban. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

“La voix de la femme est un vecteur essentiel de transmission. C’est une réalité qui traverse les siècles et que l’humanité porte en elle depuis la nuit des temps”

Nabyla Maan, chanteuse

C’est une expérience magnifique que de partager la scène avec des femmes venues d’horizons si différents, tant sur le plan musical qu’humain. C’est quelque chose de très beau. La voix de la femme est un vecteur essentiel de transmission :  transmission de la mémoire, transmission de l’art… C’est une réalité qui traverse les siècles et que l’humanité porte en elle depuis la nuit des temps.

Vous nous réservez une surprise ce soir. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que le public va découvrir ?

Ce soir je présente un nouveau projet, inédit : ma voix accompagnée uniquement d’un quatuor à cordes. C’est une formule très différente de mes habitudes, où je me produis généralement avec guitare, percussions et batterie. Nous avons créé ce projet spécialement pour ce festival, avant de le porter sur d’autres scènes. J’ai hâte de le partager avec le public de Fès.

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