Le 14 mai 2026, le Groupement sanitaire territorial (GST) de Rabat-Salé-Kénitra a tenu son premier conseil d’administration. L’ordre du jour était chargé : organigramme, budget, plan d’action sur deux ans. Autant de chantiers qui dessinent, pour la première fois, les contours concrets d’une structure appelée à piloter l’ensemble du système de santé public d’une région qui concentre 14% de la population nationale, soit plus de cinq millions d’habitants. Conformément au cadre juridique en vigueur, le GST deviendra pleinement opérationnel deux mois exactement après la tenue de ce premier conseil, un délai destiné à « permettre aux équipes en place d’assurer la transition, de clôturer les opérations en cours et de finaliser la passation vers la nouvelle entité régionale », selon une source proche du dossier.
Inscrite dans le cadre de la loi-cadre 06-22 relative à la refonte du système de santé, la création des GST constitue, ainsi que TelQuel l’a rapporté, la réforme de gouvernance hospitalière la plus structurante engagée depuis des décennies. L’ambition est de « mettre fin à l’émiettement institutionnel au profit d’une gestion régionale unifiée, coordonnant les parcours de soins et mutualisant les ressources à l’échelle du territoire », précise notre source. Le modèle a été inauguré dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. C’est désormais au tour de la région capitale de franchir le pas.
La région Rabat-Salé-Kénitra, avec son taux d’urbanisation de 71,4% et une croissance démographique annuelle de 1,14% sur la décennie 2014-2024, cumule un poids démographique considérable et des inégalités territoriales profondes que la présentation soumise au conseil d’administration ne dissimule pas.
