Projection limitée, sécurité défaillante, imaginaire à terre… “Pendant trop longtemps, l’Afrique a fait preuve de cécité à l’égard de la mer”. David Willima, le chercheur en sécurité maritime qui prononce ces mots sur l’estrade de l’African Maritime Symposium (AMS) à Rabat ce 13 mai, appelle à prendre pleinement la mesure des opportunités et défis du milieu marin pour ce siècle. Il pointe notamment un angle mort : “le lien fondamental qui existe entre la sécurité en mer et la stabilité sur terre”.
Et en effet, 90% des échanges intra-africains passent par la mer — 98% pour le Maroc —, et 40% de la population vit à moins de 100 km du littoral. Le continent partage par ailleurs 38 000 km de côtes entre 38 pays. Difficile, dans ces conditions, de dissocier la stabilité du continent de celle des mers qui le bordent. Et à voir la diversité géographique des profils qui se sont présentés à cet évènement sous le thème des “mers d’Afrique dans un monde hyperconflictuel” du Policy center for the new south (PCNS), cette vérité n’échappe désormais à aucune région du continent.
