L’histoire de Sidi Ali Maelainin commence à Ifrane, en 1995, lorsqu’il intègre la toute première promotion d’Al Akhawayn, à Ifrane.

À l’époque, ce passionné d’informatique rêve du Japon, alors à la pointe de la robotique et de l’intelligence artificielle.
Mais le projet AUI, pionnier au Maroc par son modèle et ses promesses académiques, le séduit aussitôt. “Je voulais en faire partie. Et je ne l’ai jamais regretté”, dit-il simplement. Une décision fondatrice, qui orientera toute sa carrière.
Le campus, terrain d’innovation
Dès ses années d’étudiant en master Computer Science, Sidi Ali Maelainin ne se contente pas de suivre les cours. Il fonde le Japanese Circle, club universitaire toujours actif aujourd’hui, devient Teacher Assistant, puis enseignant en informatique à plein temps en 1997, et directeur associé pour le développement de l’université l’année suivante.
En 1998, il crée au sein de AUI la toute première compétition de programmation informatique en Afrique, à une époque où le continent était encore absent de la carte de ce type d’événement. Pour lui, AUI est bien plus qu’une institution : “C’est un endroit où l’on peut réaliser des choses. On peut oser, innover et créer”, affirme-t-il.
De Microsoft à IBM
En 2001, Sidi Ali Maelainin rejoint Microsoft Afrique du Nord, où il passera neuf ans, gravissant les échelons jusqu’au poste de Citizenship Lead for North Africa. Il y développe une conviction durable : la technologie ne vaut que par l’impact qu’elle produit sur les populations.
En 2010, il intègre le cabinet du ministre de l’Industrie pour piloter la transformation sociale par le numérique du pays, avant de conseiller le Chef du gouvernement sur la stratégie nationale des TIC, la stratégie digitale nationale et le développement de grands projets technologiques.
Chez IBM, où il arrive en 2014, il franchit une nouvelle étape en introduisant au Maroc le modèle éducatif P-TECH, né aux États-Unis : un partenariat public-privé entre lycées et entreprises, permettant à des élèves de se former directement aux métiers du numérique. Le Maroc devient ainsi le troisième pays au monde à adopter ce modèle.
Au fil des années, les programmes qu’il a développés chez Microsoft et IBM ont touché plus de 250.000 apprenants et éducateurs dans plus de 20 pays d’Afrique et du Moyen-Orient.
Point d’orgue de cette période : il dirige en 2015 l’organisation au Maroc des World Finals de l’ICPC, la plus grande compétition mondiale de programmation, réunissant 128 équipes issues des meilleures universités. “C’était un grand moment de fierté, de pouvoir ramener une telle compétition au Maroc, et de montrer les compétences dont nous disposons.”
Retour aux sources
Après son départ d’IBM en 2025, où il occupait le poste de Corporate Social Responsibility Leader pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Sidi Ali Maelainin choisit de revenir là où tout a commencé.
Il prend la direction du centre de formation continue d’Al Akhawayn à Casablanca, avec une ambition claire : en faire un centre d’excellence, adossé à des programmes innovants et à des partenariats solides avec de grandes entreprises nationales et internationales. Trente ans après y avoir déposé ses valises comme étudiant, AUI reste, décidément, son point de gravité.
