Tout commence à l’aube du samedi 25 avril, alors que la ville de Kati (nord-ouest de Bamako), fief des militaires maliens, est secouée par des explosions et des tirs nourris. Les domiciles de figures de haut rang du régime sont ciblés par des commandos du JNIM portant des uniformes des Forces armées maliennes (FAMa) précédés par des véhicules piégés (VBIED). La résidence du ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara, est soufflée par l’explosion, causant sa mort ainsi que celle de plusieurs membres de sa famille. L’attaque aux VBIED est suivie par un assaut d’éléments du JNIM infiltrés dans la ville garnison, les combats se concentrant aux abords de la base militaire.
C’est durant ces combats que le chef des services de renseignement, le général Modibo Kone, est gravement blessé (son sort demeure incertain). De son côté, Assimi Goïta, lui aussi présent à Kati, aurait été exfiltré par sa garde rapprochée — dont les terminaux de communication sécurisés ont cessé d’émettre de façon coordonnée.
Le nord s’embrase
En parallèle, les aérodromes et bases militaires de Bamako, Sévaré, Mopti, Gao, Bourem, et Kidal sont la cible d’attaques frontales ou de bombardements via des drones dont des FPV (First Person View).
Toujours durant la matinée du 25 avril, Kidal est assaillie par les forces coalisées du FLA et du JNIM. Prises de vitesse, les forces gouvernementales – et leurs supplétifs russes – sont repoussées vers l’ancienne base des casques bleus de la Minusma et dans l’aéroport adjacent, où ils se retrouvent assiégés. Plus au sud, un hélicoptère d’assaut russe de l’Africa Corps (AC) est abattu dans la région de Gao, tandis que le JNIM lance un assaut massif sur la ville et en prend rapidement le contrôle, à l’exception de la base militaire. Un scénario qui se répète à Mopti, Bourem, Sevaré.
Bamako, la capitale – plus précisément son aéroport– est également attaquée. Les combats durent toute la journée du 25 avril. En fin de journée, les premières communications des autorités maliennes indiquent avoir “maîtrisé l’offensive des groupes armés terroristes” et assurent que “la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités concernées”. Précisément là où le JNIM et les FLA proclament leur “victoire”.
