DLSS 5 : révolution graphique ou menace pour la créativité dans le jeu vidéo ?

Par Zakaria Choukrallah

Durant les années 1990, la guerre des consoles battait son plein. Sega vantait la puissance brute de son processeur à coups d’arguments marketing, « blast processing », « Sega, c’est plus fort que toi », tandis que Nintendo mettait en avant son mode 7, capable de produire des effets pseudo-3D. Sur PC, les cartes accélératrices comme la Voodoo de 3Dfx faisaient rêver les amateurs de fidélité graphique. Depuis, l’industrie du jeu vidéo n’a cessé d’osciller entre technique et artistique, faisant émerger deux écoles : les adeptes du photoréalisme à tout prix, et les défenseurs de la direction artistique et du jeu comme œuvre à part entière.

“Dans le jeu vidéo comme dans tout art intégrant l’IA, c’est aux artistes d’en tirer le meilleur parti pour élargir le champ des possibles. Sans uniformiser”

Zakaria Choukrallah

L’arrivée du DLSS à maturité, avec une IA enfin capable de sublimer une image en temps réel, relance ce débat. Le jeu vidéo est-il une prouesse technique ou une expérience vidéo-ludique ?

Au musée MoMA de New York, ce ne sont pas les jeux les plus impressionnants graphiquement qui sont exposés, mais ceux offrant des expériences impossibles à vivre autrement qu’en immersion. Les mastodontes techniques ne sont même pas les plus vendus : les charts mondiaux voient souvent triompher des jeux Nintendo, tournant sur des machines bien plus modestes que leurs concurrents. Alors oui, la beauté graphique a son importance, mais la performance et la fidélité graphique ne sont que des moyens. Dans le jeu vidéo comme dans tout art intégrant l’IA, c’est aux artistes d’en tirer le meilleur parti pour élargir le champ des possibles. Sans uniformiser.

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