Premier court-métrage de Madane El Ghazouani en tournée, l'âme d'Abdelkébir Rabi à l'écran, Inkonnu de retour sur scène... Les sorties de la semaine

Kabareh Cheikhats revient avec le spectacle Archives chantées, une nouvelle création qui puise dans des enregistrements rares et inédits de la Aïta. Crédit: DR

Sur la route des silences

Cinéma. Triplement récompensé au Festival national du film de Tanger — prix de la première œuvre, prix spécial du jury et prix du premier rôle masculin pour Abdenbi El Beniwi —, Mauvais Temps, premier long métrage de Madane El Ghazouani, entame une tournée nationale en compagnie de son réalisateur et des acteurs principaux. Le film plonge dans le quotidien d’Ayoub, un jeune garçon dont la vie bascule quand un conflit d’héritage divise l’appartement familial, condamnant les siens à occuper la partie dépourvue de toilettes. Derrière cette situation en apparence anodine, le film explore avec une grande délicatesse des thèmes universels : dignité, précarité, intimité, et la manière dont les contraintes matérielles reconfigurent les liens familiaux. Le titre lui-même résonne comme un écho social : dans les milieux ouvriers marocains, l’expression désigne les périodes de travail rare et de revenus incertains. Neuf projections-rencontres sont prévues en partenariat avec les antennes de l’Institut Français, qui organise cette tournée. 

Du 25 mars au 3 avril, à Kénitra, Fès, Oujda, Meknès, Rabat, Casablanca, El Jadida, Marrakech, Agadir, avec l’Institut français du Maroc

L’âme d’un peintre

Cinéma. Le réalisateur Hamid Zerouali signe un documentaire envoûtant consacré à Abdelkébir Rabi’, figure majeure de la peinture marocaine, dont l’œuvre navigue entre figuration et abstraction, portée par des noirs saisissants et un usage magistral du fusain et de l’encre de Chine. Dans Réminiscences, le spectateur est convié au cœur du processus créatif de l’artiste : son dialogue avec le vide et le plein, sa quête d’une vérité universelle tissée entre lumière et obscurité, nourrie par les paysages de Boulemane et la mystique soufie. Premier volet d’une série documentaire dédiée aux grands peintres marocains, le film sera projeté en présence de son réalisateur.

Le 25 mars à l’Institut Français de Casablanca

Archives de Aïta 

Spectacle. Kabareh Cheikhats revient avec le spectacle Archives chantées, une nouvelle création qui puise dans des enregistrements rares et inédits de la Aïta. Loin d’un exercice muséal, Archives chantées se vit comme un vrai cabaret : chaleureux, débridé, habité. Les paroles défilent en direct sur scène, pour que chacun puisse s’approprier cet héritage et, qui sait, s’y laisser emporter en musique. Depuis la création du groupe, partie d’un atelier de théâtre animé par Ghassan El Hakim, Karabeh Cheikhat donne vie à des performances à travers lesquelles se raconte une histoire sociale et culturelle du Maroc.  

Le 20 mars à Casablanca (lieu dévoilé après inscription)

Retour de la “hayha” 

Concert. Considéré comme les pionniers d’une scène musicale marocaine engagée et avant-gardiste, Hoba Hoba Spirit revient sur la scène du Megarama Casablanca pour une soirée “hayha”. Le groupe, dont les titres Bienvenue à Casa, Blad Skyzo ou encore Gnawa Blues ont été portés par toute une génération, promet une rencontre électrique avec son public, mêlant fusion des genres et énergie brute.

Le 26 mars au Megarama, Casablanca

Alien is back

Concert. Son public le réclamait, l’“Alien” est enfin de retour. Après une longue absence, Inkonnu signe son grand come-back. Fin novembre 2025, “Genkidama” annonçait son album SPLIT, dont l’intégralité sera dévoilée en exclusivité… sur scène. Les fans de cet ovni du rap marocain, au flow sombre et introspectif, découvriront ses nouveaux morceaux en live avant les plateformes. Son dernier album, Arabi, squatte encore le top 5 des albums de rap marocain sur Spotify, plus de cinq ans après sa sortie.

Le 26 mars 2026, à Casablanca (lieu pas encore dévoilé) 

 

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