Il Maestro à l'écran, voix émergentes du cinéma à Rabat, nuits gnawa à Tanger... Les sorties de la semaine

Pour le dernier événement de la programmation ramadan Mab’rock, l’Uzine accueille Anass Oublaid & Raw Rythm, une formation originaire d'Azilal qui s’empare de la musique amazighe avec audace. Crédit: DR

La défaite comme maître

Cinéma. Dans l’Italie ensoleillée des années 80, Il Maestro suit Felice, jeune prodige du tennis, placé sous l’aile de Raul Gatti, un ex-champion déchu que la vie a rudement éprouvé. Cette rencontre entre un élève qui se prépare aux tournois nationaux et son maître est aussi une rencontre entre une promesse et une désillusion, dont va naître une relation faite de rigueur, de tendresse et de silences. Ce sont, en somme, deux êtres qui cherchent, chacun à sa façon, à se réconcilier avec eux-mêmes. Ce quatrième long-métrage du réalisateur sicilien Andrea Di Stefano, après Dernière nuit à Milan, avait été présenté hors compétition à la 82e Mostra de Venise. Dans cette comédie profondément humaine, Pierfrancesco Favino campe le rôle bouleversant d’un mentor imparfait, tandis que le jeune Tiziano Menichelli s’impose avec une présence rare. Loin du récit triomphal habituel, Andrea Di Stefano signe une œuvre humaniste sur la transmission et la fragilité, où l’échec, loin d’être une fin, devient peut-être la plus honnête des leçons.

Actuellement au cinéma

Nouveaux regards

Cinéma. L’Institut français de Rabat ouvre la salle Gérard Philipe à des voix émergentes du cinéma marocain, le temps d’une soirée consacrée au court-métrage. Sept films, sept univers, sept jeunes réalisateurs qui s’emparent du format court pour explorer et raconter. Au programme : Somnivre de Yassine Guessous, Birthday and Noise d’Anas El Hajjam, Anzar d’Ibtissam Idrissi, Maha 3endha Date Lyoum d’Hidaya Farhane, Cette baraka qu’on appelle grand-mère de Zineb Zidane, Touche finale de Mohamed Kentaoui, et Un voyage dans la mémoire de Sara Lambatten. Une programmation qui témoigne de la vitalité d’une génération qui filme le Maroc à sa façon.

Le 13 mars à l’Institut français de Rabat 

De père en fille 

Concert. Dans le cadre des Nuits du Ramadan, la Salle Beckett accueille une soirée gnawa avec Lila Derdeba, au-delà du rituel, un hommage rendu à Abdellah El Gourd Boulkhair. Maître gnawa tangérois, ce musicien et guérisseur est le gardien d’une tradition qu’il aura passé sa vie à transmettre. C’est désormais sa fille Halima qui en porte le flambeau, insufflant à ce spectacle co-produit avec Scènes du Maroc, l’Opéra de Lyon et l’Institut du Monde Arabe une énergie nouvelle. Voyage initiatique à travers les sept couleurs de l’univers gnawa, la soirée mêle instruments orientaux et occidentaux dans une célébration à la fois spirituelle et sensorielle.

Le 13 mars à la Salle Beckett, Tanger

Ahwach électrique

Concert. Pour le dernier événement de la programmation ramadan Mab’rock, l’Uzine accueille Anass Oublaid & Raw Rythm, une formation originaire d’Azilal qui s’empare de la musique amazighe avec audace. Révélés lors de Jazzablanca 2024, ces musiciens puisent dans les rythmes ancestraux de l’Ahwach et de l’Ahidous pour les projeter dans un univers sonore résolument contemporain. 

Le 14 mars à l’uZine, Casablanca 

Matière brute 

Exposition. Sans appareil photo, sans sujet, sans référence au réel, Mustapha Azeroual fait de la lumière elle-même son unique matériau. À la Maison Denise Masson, au cœur de la médina, l’artiste franco-marocain présente “Lumière”, une série d’abstractions lumineuses et formes géométriques aux contours instables et halos colorés, nés de la seule action de la lumière sur matière photosensible. Une expérience autant visuelle qu’olfactive, avec l’installation Orbe, qui invite à ressentir la lumière jusque dans l’air ambiant.

Jusqu’au 16 avril à la Maison Denise Masson, Marrakech


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