Conflit en Iran: le nouveau business très lucratif des vidéos deepfakes

Par Zakaria Choukrallah

Pluie de missiles qui explosent sur Tel-Aviv, corps du guide suprême Khamenei dans les décombres, Burj Al Arab en flammes… une vague sans précédent de vidéos deepfakes déferle sur le Web. Impossible d’y échapper quand on suit l’actualité de la guerre Iran-USA-Israël sur les réseaux sociaux. Si la Guerre du Golfe de 1991 a été la première guerre en direct, cette nouvelle guerre est la première à l’ère des IA.

La BBC a comptabilisé des centaines de millions de vues générées par des fausses vidéos du conflit, réalisées par IA

La BBC affirme que ses analyses ont comptabilisé des centaines de millions de vues générées par des fausses vidéos du conflit, réalisées par IA. « L’ampleur est véritablement alarmante et cette guerre a rendu le phénomène impossible à ignorer désormais« , explique ainsi à la BBC Timothy Graham, expert en médias numériques à l’Université de technologie du Queensland.

La qualité et la facilité de produire des vidéos, couplée à la méfiance envers les sources officielles et établies, fait le bonheur des créateurs de ces contenus.

Si la volonté de manipulation est la première chose qui vient à l’esprit, la BBC pointe un autre aspect : l’appât du gain. Or, les contre-mesures restent encore timides. X a par exemple annoncé, début mars, que les créateurs qui publient des vidéos de conflits armés générées par IA sans le mentionner explicitement seront suspendus du programme de partage des revenus publicitaires pendant 90 jours, et ce dès la première infraction.

Mais ByteDance (TikTok) et Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) se limitent à l’obligation d’étiquetage IA sans sanctions de démonétisation. La lutte contre les deepfakes est donc inégale, alors que l’IA est de plus en plus efficace, accessible et performante.

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