De nouvelles Mecque de l’IA 

Par Zakaria Choukrallah

Et si, pour une fois, l’inspiration ne venait ni des États-Unis ni de l’Europe, mais du Moyen-Orient ?  Lors d’une table ronde organisée par la School of Business Administration d’Al Akhawayn University, le cofondateur d’AI Crafters, Zouheir Lakhdissi, a partagé son expérience d’entrepreneur IA actif sur plusieurs marchés internationaux. Un point mérite qu’on s’y attarde. 

Selon lui, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, un outil d’aide à l’écriture de scénarios suscite un intérêt marqué. Aux États-Unis, le même outil a rencontré un accueil plus réservé. Pourquoi ? Parce qu’il s’insère dans une industrie déjà structurée, puissante mais fragilisée, notamment par la récente grève des scénaristes. « 

“Le premier long-métrage intégralement généré par IA n’est probablement qu’une question de temps”

Zakaria Choukrallah

Ce contraste ne signifie pas que les États-Unis freinent l’innovation. Hollywood reste l’un des laboratoires les plus avancés au monde en matière d’expérimentation technologique, et le premier long-métrage intégralement généré par IA n’est probablement qu’une question de temps. Mais il révèle une réalité plus subtile : l’adoption d’une technologie dépend moins de sa performance que du contexte dans lequel elle atterrit.

Dans des écosystèmes créatifs encore en structuration, l’IA peut être perçue comme un accélérateur. Dans des marchés arrivés à maturité, elle ressemble plus à une menace.

“En plus de la Silicon Valley ou de la Chine, regardons aussi de temps en temps vers Riyad, Dubaï ou Abu Dhabi”

Zakaria Choukrallah

Certes, la puissance financière des pétromonarchies du Golfe surpasse largement celle du Maroc. Mais leur agilité réglementaire, leur appétence pour l’expérimentation et leur volonté assumée de repositionnement stratégique méritent attention. Moralité : en plus de la Silicon Valley ou de la Chine, regardons aussi de temps en temps vers Riyad, Dubaï ou Abu Dhabi.