Semaines du film européen, cartes anciennes à Essaouira, dialogue Mehadji-Yamou... Les sorties de la semaine

L'heure bleue Palais à Essaouira. Crédit: DR

D’une rive à l’autre 

Randa Maroufi, réalisatrice du film L’Mina.Crédit: DR

Cinéma. La 31e édition des Semaines du film européen s’articule autour d’une programmation exigeante. Huit longs métrages mêlent figures établies et nouvelles voix du cinéma européen. Joachim Trier (Norvège) ouvre les festivités avec Valeur Sentimentale, Grand Prix cannois porté par Renate Reinsve et Stellan Skarsgård. Christian Petzold (Allemagne) signe Miroirs n°3, récit sur le deuil, tandis qu’Ildikó Enyedi (Hongrie) propose Silent Friend, fable où un arbre observe les existences. Isabel Coixet (Espagne) explore la résilience avec Three Goodbyes, et Stéphane Demoustier (France) interroge le pouvoir architectural européen dans L’Inconnu de la Grande Arche. La sélection inclut le premier long métrage de Sven Bresser (Pays-Bas), Reedland, au climat hypnotique, ainsi qu’Arco, le film d’animation primé d’Ugo Bienvenu. Quatre courts métrages du Sud méditerranéen complètent cette édition, dont L’mina de la Marocaine Randa Maroufi et I’m Glad You’re Dead Now du Palestinien Tawfeek Barhom, Palme d’or du court métrage.

Du 28 janvier au 4 février à Casablanca, du 30 janvier au 6 février à Marrakech, du 4 au 11 février à Rabat. 

L’art de la frontière 

Exposition. Essaouira accueille “Cartes anciennes du Maroc et de l’Afrique”, une exposition qui interroge les regards que l’Europe a pu poser sur ces territoires à travers les siècles. Celle-ci a été pensée par Léopold Denis, qui dispose d’une collection personnelle de plus de 10 000 cartes anciennes, et invite à penser la carte géographique comme un objet artistique. Dix d’entre elles, réalisées par des cartographes européens entre les 17e et 20e siècles, constituent le parcours de cette exposition. On y retrouve aussi bien une carte du Maroc réalisée par l’Office national du tourisme en 1960, qu’une carte de la “Barbarie”, territoire désignant l’Afrique du Nord, réalisée par un cartographe allemand en 1690.

Du 1er au 25 février, à l’Heure Bleue Palais, Essaouira.

Dialogue entre artistes

Exposition. La galerie L’Atelier 21 orchestre une rencontre inédite entre Najia Mehadji et Yamou à Marrakech. L’exposition “Les natures invisibles” réunit deux démarches artistiques complémentaires qui explorent les forces vitales traversant le monde organique. Najia Mehadji déploie depuis les années 1980 une œuvre nourrie par sa double culture franco-marocaine, où calligraphie et geste s’entremêlent. Yamou développe quant à lui un langage où le végétal dialogue avec l’abstraction. Dans ce dialogue, leurs œuvres ne reproduisent pas la nature de façon littérale, mais révèlent les liens invisibles entre l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Du 5 février au 8 mars au Comptoir des Mines, Marrakech. 

Secrets à la table

Théâtre. Les Théâtrales reviennent pour une quinzième édition avec Témoin de mariage, comédie signée Jean-Luc Lemoine et mise en scène par Anthony Marty. À quelques jours de leurs noces, Mam et Lili reçoivent Thomas, meilleur ami du futur marié et témoin officiel, accompagné de Jasmine, sa nouvelle conquête. Problème : Lili n’a jamais pardonné à Thomas d’avoir quitté Nathalie, sa meilleure amie. Entre la mariée tendue et l’invitée provocante, les tensions montent. Un huis clos domestique où l’humour flirte avec l’embarras.

Le 5 février, au Studio des Arts Vivants, Casablanca.

Matière vivante

Exposition. L’Institut français de Tanger inaugure son nouveau site avec un hommage à Khalil El Ghrib, figure discrète, mais essentielle, de l’art contemporain marocain. Né en 1948 à Asilah, cet artiste a construit une œuvre en marge du marché, fidèle à une éthique de l’impermanence et du symbolisme. Paille, cuivre, chaux vive… les matériaux récupérés capturent les cycles naturels de transformation et de décomposition. Dans les jardins du nouvel institut, ses créations dialoguent avec celles d’autres artistes marocains, transformant l’espace en territoire poétique où les formes se répondent.

Du 30 janvier au 30 mars aux Jardins de l’Institut français à Tanger. 

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