Le regard des autres
Cinéma. Dans son premier long métrage, Seloua El Gouni ausculte les fractures intimes d’une jeune femme prise entre son désir d’émancipation et le poids des traditions. The Wound suit Leila, jeune femme d’une vingtaine d’années, confrontée aux attentes de sa famille dans un Maroc contemporain où le regard social pèse encore beaucoup trop sur les femmes et leurs aspirations. Son père Driss, arc-bouté sur ses valeurs, et sa mère Fatima, figure de transmission traditionnelle, incarnent cette zone de tension où la cellule familiale vacille sous la pression des normes intériorisées. Seloua El Gouni filme avec une précision les silences, les gestes suspendus, les regards qui rythment le quotidien de cette famille. La jeune actrice Oumaïma Barid compose une Leila touchante, tandis que Amal Ayouch, dans le rôle de la mère, offre toute sa sensibilité. Primé à Athènes, Beyrouth et Malte, le film raconte aussi les évolutions sociétales du Maroc contemporain, ainsi que ses contradictions.
Actuellement en salles.
Un journal en direct

Spectacle. Après une première édition réussie, Live Magazine revient au Maroc pour trois dates, transformant les scènes de l’Institut français en théâtre d’histoires vraies. Le principe est le même : journalistes, photographes et artistes montent sur scène pour présenter des récits et enquêtes, intimes ou planétaires, qu’ils ne pourraient livrer ailleurs. Chaque témoignage s’accompagne d’une création musicale sur mesure. Né à Bruxelles, le Live Magazine a conquis les salles de Milan, Londres, Beyrouth ou Nairobi. Pour cette édition marocaine, les histoires sont 100% locales, tissées dans le quotidien du pays. Pas de replay, pas de rattrapage : les pages se tournent en direct, les rubriques s’enchaînent, offrant une expérience imprévisible et inédite à chaque représentation.
Les 28, 29 et 30 janvier, Tanger, Rabat et Casablanca.
Du verre à la lumière

Exposition. Il y a quelques années, Tahar Ben Jelloun réalisait les vitraux de la petite église du village français Le Thoureil, sur la Loire. Cela a inspiré à l’Atelier 21 une exposition qui voit désormais le jour, “Au gré de la lumière”, où sont exposées pour la première fois au Maroc des toiles recréées en vitraux. On y retrouve l’univers pictural de Tahar Ben Jelloun, dans lequel la lumière, celle de Tanger en particulier, occupe une place à part. Sont présentées dix œuvres en verre peint et cuit, réalisées entre 2024 et 2025, en collaboration avec le maître verrier Philippe Brissy, et pensées “comme des surfaces traversées par la lumière”.
Du 27 janvier au 7 mars, à l’Atelier 21, Casablanca.
La vie devant soi

Livres. L’éditeur et écrivain belge Patrick Lowie, installé au Maroc depuis plusieurs années, s’intéresse dans son dernier roman à la jeunesse casablancaise. Dans Le singe de la mer (éd. Edern), campé dans le quartier de Bourgogne, à Casablanca, de jeunes personnages rêvent de destins de footballeurs, et traversent la vie à coup de petits arrangements du quotidien. Après la parution du roman il y a quelques semaines, Patrick Lowie donne rendez-vous à ses lecteurs pour une première rencontre-débat.
Le 28 janvier à l’Institut français de Casablanca.
Revoir Tchaïkovsky
Ballet. L’Orchestre philharmonique du Maroc s’associe au Ballet de l’Opéra de Nice pour une interprétation contemporaine du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovsky. Sous la direction de Christian Vásquez, le chorégraphe Benjamin Millepied privilégie une vision graphique et audacieuse de ce chef-d’œuvre du 19e siècle, qui a vu le jour à Saint-Pétersbourg. Trois représentations sont prévues pour cette immersion féerique dans l’un des ballets les plus emblématiques du répertoire classique.
Du 30 janvier au 1er février, au Théâtre national Mohammed V, Rabat.
