Cyberprank ? 

Par Zakaria Choukrallah

Et si, malgré tout, nous exagérions la toute-puissance de l’IA ? La lecture de Cyberpunk d’Asma Mhalla a le mérite de secouer : elle décrit un futur où l’IA devient une arme politique, une machine à manipuler le réel et, ultimement, un outil de contrôle. Mais au moment où les discours d’alerte dominent le débat, un peu de nuance semble important.

Deepseek, le modèle chinois qui a affolé la Silicon Valley, en est une bonne illustration. Son arrivée a montré que l’IA n’est pas une entité homogène, irrésistible et centralisée : c’est un secteur fragmenté, concurrentiel, traversé par des logiques industrielles, économiques et (inter)nationales souvent contradictoires. Loin d’un empire algorithmique unique, nous observons plutôt une bataille féroce entre modèles, régulations, infrastructures et visions du monde.

“Le déploiement réel de l’IA demeure chaotique, coûteux, imparfait et très loin de l’omniscience que lui prête parfois notre imaginaire dystopique”

Zakaria Choukrallah

Oui, l’IA accélère, inquiète, déstabilise. Oui, elle peut servir des projets politiques opaques. Mais son déploiement réel demeure chaotique, coûteux, imparfait et très loin de l’omniscience que lui prête parfois notre imaginaire dystopique. Les systèmes restent vulnérables, énergivores, dépendants de données souvent médiocres et d’infrastructures lourdes.

Autrement dit : le risque existe, mais il n’est pas magique. Il est humain, industriel, géopolitique. Et précisément parce qu’il n’est pas inéluctable, nous avons encore prise sur lui.

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