Le Maroc prétend devenir un acteur de la défense au niveau régional et mondial, et ça commence à se voir. Au forum DefSec, qui s’est déroulé les 11 et 12 novembre à Rabat, se sont rassemblées un certain nombre de figures du monde de la défense. Des diplomates, des militaires – actifs ou non –, des analystes, mais aussi des entrepreneurs investis dans le secteur de la défense : le forum intéresse des acteurs du milieu très divers, pour beaucoup “curieux de voir comment le Maroc développe son économie et son offre sécuritaire”, confie Ali Moutaïb à TelQuel.
C’est ce que nous confirme d’ailleurs Jean-Luc Angibault, président de Wintellis, entreprise de conseil spécialisée en intelligence stratégique. S’il explique avoir un “intérêt passionnel” pour le pays né d’une expérience diplomatique au Maroc, il est avant tout venu à ce rassemblement du GGSF car entre son activité et les ambitions du Royaume, “il y a des ponts à créer”.
Pour lui, qui s’est constitué un réseau et qui conseille sur le “commandement, le renseignement et le cyber”, constater que le Maroc s’approprie ces domaines et les adapte à ses besoins représente une ouverture de marché. “Évidemment, quand on est chef d’entreprise, la bataille, c’est de gagner des clients”, s’amuse-t-il. Et puisque le Maroc constitue un corridor avec des pays avec qui la France connaît des zones de turbulence, notamment au Sahel, un tel forum représente pour Jean-Luc Angibault une “interface” intéressante.
D’autres que lui sont venus en observateurs. C’est le cas de Devrim Ural, capitaine de vaisseau attaché à l’ambassade de Turquie à Rabat. “Je suis ici pour observer les accomplissements du Maroc en termes de défense et écouter les discussions qui se dérouleront autour de ce thème”, nous expose-t-il, non sans oublier les capacités de l’industrie militaire de son pays. En effet, “je souhaite aussi me faire une idée de l’état d’esprit des autorités marocaines dans l’établissement d’une industrie de défense et comprendre ce que l’industrie de la défense turque peut proposer au Maroc”, avance-t-il.
