TelQuel : Quelle lecture globale faites-vous de la communication gouvernementale depuis l’éclatement des manifestations le 27 septembre ?
Khadija Idrissi Janati : Avec le recul et le temps écoulé depuis le déclenchement des manifestations, il est désormais possible de porter un regard plus global sur la communication gouvernementale. On y distingue plusieurs séquences. Dans un premier temps, au cours des 48 premières heures, on a observé une absence totale de réaction officielle. Puis, deux prises de parole matérialisées par des communiqués, dont la forme comme le fond, se sont révélées en deçà des attentes.
Un premier communiqué, à mon sens, hors sujet, qui n’aborde pas les véritables enjeux, les revendications des manifestants. Il a ignoré ‘the elephant in the room’ (ndlr l’éléphant dans la pièce, un sujet dont la présence est manifeste mais qu’on choisit d’ignorer).
Puis un second communiqué, pas très différent sur le fond, qui commence par déplorer les victimes parmi les forces de l’ordre, ce qui est légitime, mais qui s’arrête à l’accusé de réception : Nous vous avons entendus ! Cela ne saurait suffire dans un contexte de manifestations et de revendications populaires. Le gouvernement aurait dû répondre, de manière claire et directe, aux préoccupations principales soulevées par les citoyennes et citoyens. C’est cela une réponse responsable.
