Deep Seeker : De “Big Boss” aux Big Tech 

Par Zakaria Choukrallah

Avez-vous joué à Metal Gear Solid 2 : Sons Of Liberty ? Si la réponse est non, vous avez tort. L’œuvre de Hideo Kojima, sortie en 2001, était particulièrement prémonitoire concernant les implications géopolitiques et éthiques de l’IA.

Dans le jeu, les méchants sont les “Patriots”, membres d’une organisation occulte qui contrôle l’information grâce aux intelligences artificielles. Leur objectif ? Censurer, mais pas seulement. Ils œuvrent à inonder le monde de données, noyant la vérité dans un océan de data. Résultat : impossible de distinguer le réel de la fiction. Cela ne vous rappelle rien ? 

A l’aube de ce siècle, donc, Kojima posait déjà une question déroutante et avant-gardiste : que se passe-t-il quand ce ne sont plus les gouvernements, ni même les médias, qui fixent les règles du débat public, mais des systèmes automatisés capables de manipuler à l’échelle planétaire ?

À l’heure où Trump convoque la Big Tech pour investir des centaines de milliards dans l’IA, quand Washington et Pékin se livrent une guerre d’algorithmes et que la vérité est devenue un point de vue comme un autre, le scénario de ce jeu culte sonne moins comme une fiction que comme une véritable grille de lecture de notre actualité. Game over. 

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