Alors que les relations entre l’Algérie et le Mali ont commencé au plus bas en 2025, la pause estivale aurait pu marquer le début d’un réchauffement entre les deux voisins. Car au début du mois d’août, Alger recevait la 4e édition de la foire commerciale intra-africaine (IATF), et le président Abdelmadjid Tebboune s’est saisi de cette tribune offerte à un auditoire africain pour faire montre d’une ouverture sur le continent, et notamment à ses voisins au sud.
Sans préciser qu’il s’adressait essentiellement aux Mali et Niger frontaliers, le chef de l’État algérien a proposé d’ouvrir ses ports méditerranéens aux “pays africains dépourvus de façade maritime”. La promesse d’Alger est de pouvoir acheminer, par train, “en 24 heures”, les marchandises des pays enclavés à ses ports dans un délai de cinq à six ans “au plus tard”.
Le Mali, l’une sinon la plus grande économie enclavée d’Afrique, est toujours sensible aux propositions d’ouverture commerciale vers la mer. C’est le cas avec la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, et plus récemment le Maroc, avec l’Initiative Atlantique pour le Sahel lancée par le roi Mohammed VI en 2023. Mais cette fois-ci, la main tendue d’un pays voisin pourvu d’un littoral attractif ne s’est pas accompagnée d’amitiés venues de Bamako, mais plutôt d’une assignation à comparaître à la Cour internationale de justice (CIJ).
Une affaire de drone…
Comme accueil à une proposition d’ouverture maritime, on a vu mieux. Mais, comme évoqué plus haut, les relations sont tendues depuis un moment entre les deux voisins. L’Algérie, qui avait permis la conclusion d’une paix entre Bamako et les rebelles touaregs en 2015 lors des Accords d’Alger, voit d’un mauvais œil le renversement du pouvoir malien en 2021.
Un sentiment de rejet accru par l’important déploiement de la milice russe Wagner (remplacée par la non moins russe Africa Corps en juin dernier), qui menace l’hégémonie militaire d’Alger sur la région. Avec l’appui de ces forces, le régime d’Assimi Goïta est sorti, en 2023, desdits Accords. Puis, à proximité de sa frontière algérienne, il a repris la lutte contre les séparatistes touaregs qu’il classe volontiers dans la catégorie des terroristes, aux côtés des combattants du JNIM (Al-Qaïda au Sahel) ou de l’État islamique.
