Pour la deuxième édition consécutive, les Lionnes de l’Atlas se hissent en finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine, après un parcours de championnes. Les joueuses de Jorge Vilda ont évité le piège tendu par une surprenante équipe du Ghana en demi-finale (1-1), qui y a cru jusqu’au bout, avant de s’incliner aux penalties (4-2).
“Nous avons fait face à une super équipe du Ghana. On savait que ça allait être long, et pénible physiquement, mais on était prêtes pour la bataille. Je remercie toutes les filles pour leur combativité, maintenant, on a une finale à gagner samedi pour garder la coupe à la maison”, a confié Sanaâ Mssoudy en zone mixte, fière de cet exploit qui vient confirmer la progression du football féminin marocain.
Une autre finale pour l’histoire
Car il ne s’est pas construit en un jour. Bien avant que les projecteurs soient braqués sur les joueuses, des pionnières comme feue Samira Zaouli ont ouvert la voie, souvent dans l’indifférence et contre des vents contraires. Dès les années 2000, cette militante, première présidente de club (le TAS, ndlr), s’est battue pour offrir aux Marocaines le droit de taper dans un ballon.
Chaque finale continentale disputée est un rappel de tout le chemin parcouru. Et si on n’oublie pas d’où l’on vient, on sait surtout où on va. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nos Lionnes de l’Atlas prennent très au sérieux le fait d’écrire leur propre histoire.
“On veut offrir la CAN aux supporters marocains qui croient en nous“, affirme la capitaine Ghizlane Chebbak
En zone mixte, après la victoire contre le Ghana en demi-finale, les joueuses chantaient à l’unisson. C’est la coupe ou rien. “On veut offrir la CAN aux supporters marocains qui croient en nous“, affirme la capitaine Ghizlane Chebbak, auteure une nouvelle fois d’une super prestation au cœur du jeu. “Nous sommes conscientes de la responsabilité. On va se reposer un peu, le staff prendra le temps d’analyser l’immense équipe qu’est le Nigeria et nous ferons de notre mieux pour être à la hauteur d’un tel rendez-vous”, reprend Hanane Aït El Haj, vice-capitaine des Lionnes.
Les deux joueuses sont en effet bien placées pour jauger la difficulté du challenge. Les Nigérianes, qu’elles avaient éliminées contre toute attente en demi-finale de la CAN 2022, rêvent d’une dixième étoile, et sont armées pour.
Défensivement, c’est la meilleure équipe du tournoi (un but encaissé en 5 matchs). Offensivement, le Nigéria peut se vanter de compter dans ses rangs des joueuses d’expérience comme Rasheedat Ajibade, mais aussi Asisat Oshoala, sextuple ballon d’or africain (2014, 2016, 2017, 2019, 2022 et 2023). Oshoala, que les spécialistes considèrent comme la meilleure joueuse de l’histoire du football féminin africain, a été préservée en demi-finale face à l’Afrique du Sud (2-1), et devrait être à 100% ce samedi 26 juillet (à 21h).
Mais les Lionnes, elles aussi, ont changé de stature. Et si le défi est immense, elles savent mieux que quiconque qu’elles sont capables de faire mentir les pronostics.
