Sauvez Walid

Par Yassine Majdi

Walid Regragui s’enfonce dans le déni. A l’occasion d’une rencontre avec les médias nationaux, les journalistes ont pu voir un homme qui ignore la réalité. A seulement six mois de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce n’est pas un coach fédérateur qui s’est présenté devant eux, mais un sélectionneur qui apporte davantage de questions que de réponses.

Victime de tout, responsable de rien. Devant les médias, Regragui a joué la carte de l’incompris. Victime des médias qui critiquent ses choix. Victime d’attentes jugées démesurées. Victime d’une pression qu’il refuse d’assumer. Cette posture détonne. Le contraste est frappant avec l’image du combattant qui avait galvanisé tout un peuple au Qatar.

“Douze matchs sans défaite”, “plus de deux buts par match” : Regragui brandit ses statistiques comme des trophées, mais elles ne peuvent cacher la médiocrité du jeu des Lions de l’Atlas. Car cette invincibilité s’est construite face au Lesotho, à la Centrafrique, la Tanzanie, la Sierra Leone. Au vu du potentiel de nos Lions, marquer deux buts contre ces formations relève de l’obligation, pas de l’exploit. Cette complaisance statistique révèle une déconnexion troublante avec les exigences du haut niveau. Surtout, le sélectionneur ne s’est pas arrêté là…

Devant la presse, l’homme a justifié son choix d’accorder davantage d’interviews aux médias étrangers qu’aux médias locaux. Regragui concède quelques minutes aux journalistes marocains lors des conférences de presse d’avant-match – “C’est fait pour ça” -, puis s’épanche généreusement pendant plusieurs heures sur les ondes de RMC ou de la Cadena SER. Les professionnels marocains, qui financent son salaire par leurs impôts, méritent-ils moins de considération que leurs confrères européens ?

“Regragui reproche aux Marocains de ne pas assez célébrer la réussite du Mondial 2022. Un entraîneur en activité ne devrait-il pas se projeter vers l’avenir ?”

Yassine Majdi

Mais ce qui inquiète le plus, c’est son obsession pour le Mondial 2022. Une obsession qui frise la pathologie. Espagne-Maroc, Portugal-Maroc : ces exploits sont devenus son bouclier contre toute critique. Regragui reproche aux Marocains de ne pas assez célébrer la réussite du Mondial 2022. Un entraîneur en activité ne devrait-il pas se projeter vers l’avenir ? Sir Alex Ferguson, légendaire entraîneur de Manchester United, effaçait ses succès passés au lendemain de ses sacres pour mieux aborder la suite. Regragui ressasse ses souvenirs comme un ancien combattant. Une mentalité “d’ex” qui ne devrait pas avoir sa place sur un banc.

Dans six mois, le Maroc organise la CAN. Une chance historique de prouver que 2022 n’était pas un accident. Cela exige un Regragui capable de retrouver l’humilité qui avait fait sa force. L’homme qui avait transcendé tout un peuple a été remplacé par un technicien aigri qui reproche au public ses exigences légitimes. Il peut encore sauver son héritage, mais le temps presse. Il faut sauver Walid.