Allal Benjelloun: cap sur l’humain et sur la performance

Le leadership centré sur l’humain fait des miracles. C’est la vision de Allal Benjelloun, directeur général de la Centrale Automobile Chérifienne (CAC), qui nous raconte comment son expérience internationale a façonné son style managérial.

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« Je consacre plus de 50 % de mon temps au capital humain. C’est très important de passer du temps avec ses équipes. La bonne personne au bon endroit, ça fait des miracles », nous explique Allal Benjelloun, directeur général de la CAC. Pour ce patron, l’investissement dans les équipes porte ses fruits. L’entreprise automobile qu’il dirige accumule les réalisations: lancement de la marque Cupra, intégration réussie de Seat, visibilité croissante de Skoda. Cet intérêt pour l’humain fait écho à son parcours professionnel, notamment lorsqu’il a fallu affronter des crises.

Capitaine de navire

« En cas de crise, il faut être extrêmement réactif. J’en ai connu six ou sept au cours de ma carrière, dont au moins trois en tant que dirigeant. Ça forge. On développe les bons réflexes », confie-t-il. Le DG de la CAC emprunte une métaphore marine pour expliquer sa méthode : « On se met à la cape. C’est-à-dire que, quand les vents soufflent trop fort, on se met à l’abri et on agit. On s’assure que le bateau et les voiles tiennent bon, que tout le monde est à bord et sorti des cabines, puis on attend que l’orage passe. »

Cette résilience, il l’a développée à Londres, lorsqu’il occupait le poste de directeur financier pour l’Angleterre et l’Irlande chez Schneider Electric, entre 2007 et 2009. C’était sa première fonction en comité de direction. « On était en pleine crise des subprimes. Il fallait réagir vite. On a dû licencier 10 % des effectifs, soit 250 personnes. Ce sont des moments difficiles, mais très formateurs. Cette expérience m’a énormément aidé dix ans plus tard, pendant le Covid », témoigne-t-il.

Management à l’anglaise

Allal Benjelloun a commencé sa carrière comme Senior Auditor chez Arthur Andersen, après avoir étudié à Audencia Business School, à Nantes. Quelques années plus tard, il décide de ne pas en faire son métier. « J’ai quitté Arthur Andersen pour m’occuper de l’audit interne de Schneider Electric à Paris. » L’entreprise française est alors en pleine croissance, avec un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros. « J’y ai travaillé pendant sept ans : d’abord à l’audit interne, ensuite au contrôle de gestion de Schneider France, avant d’être nommé directeur financier. C’est là que j’ai eu ma première vraie expérience de management », précise-t-il.

Contre vents et marrées 

« Le management chez Renault est très humain, comme chez Schneider Electric. J’ai toujours été bien accompagné par les grands groupes, et cette approche a profondément influencé ma manière de faire »

Allal Benjelloun

En 2009, Allal Benjelloun rentre au Maroc. Renault s’installe à Tanger pour y construire une usine et recherche un directeur financier. Une réussite : « Cinq ans plus tard, l’usine Renault sortait de terre. On a réveillé Somaca, qui produit aujourd’hui plus de 50 000 véhicules, et j’en suis très fier », se réjouit-il. Il poursuit : « Le management chez Renault est très humain, comme chez Schneider Electric. J’ai toujours été bien accompagné par les grands groupes, et cette approche a profondément influencé ma manière de faire ».

En 2014, Victor Elbaz, président de la CAC, fait appel à lui pour seconder le directeur général. Il mène cette mission de main de maître jusqu’en 2019, année où il est promu DG. Six mois plus tard, la crise du Covid éclate. « La priorité absolue était de sauver les emplois. L’acte managérial dont je suis le plus fier, c’est que pendant cette crise, je ne me suis séparé d’aucun collègue. » Le navire a tenu bon.