Prestige ou punition ? Le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Mike Waltz, démis de ses fonctions le 1er mai, a rapidement retrouvé du travail comme ambassadeur des États-Unis à l’ONU.
Sur le papier, alors que le républicain était pris dans la tourmente du “SignalGate” — affaire qui a vu l’administration Trump révéler par erreur à un journaliste de The Atlantic des informations sécuritaires sensibles via une conversation tenue sur la plateforme Signal —, Mike Waltz semble sortir de cette crise par le haut. Après tout, le relais de la Maison-Blanche auprès des Nations unies est le porte-étendard de la première puissance mondiale devant le monde. Pas mal.

Mais quand on sait le mépris qu’entretient le 47e président des États-Unis au sujet de l’institution internationale, la nomination prend des allures punitives, surtout vu l’importance du poste que Mike Waltz abandonne. Sous Joe Biden, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan était une pièce maîtresse du dispositif stratégique états-unien. Son successeur républicain, qui aspirait à la même importance au sein de l’administration Trump, pourrait considérer cette nomination comme une mise au placard.
En attendant l’annonce de son remplaçant, c’est Marco Rubio, le fidèle secrétaire d’État du président, qui occupera le poste de conseiller à la sécurité nationale.
Avantage Maroc
Placard ou pas, cette évolution de la situation pourrait constituer une opportunité pour le Maroc et sa diplomatie. Si Mike Waltz ne s’est jamais prononcé sur la question du Sahara, la diplomate états-unienne qui siégeait aux Nations unies avant lui, Dorothy Shea, spécialisée dans les relations entre Washington et le Moyen-Orient, ne semblait pas particulièrement portée sur le dossier non plus.
Mais face à l’Algérie qui siège au Conseil de sécurité, le Maroc a pris une longueur d’avance dans la proximité avec le nouvel homme de Donald Trump à New York. Au début du mois d’avril, alors que le monde était sous le choc des annonces douanières du maître de la Maison-Blanche, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, avait entrepris une visite outre-Atlantique pour se présenter aux membres de la nouvelle administration et s’assurer de la continuité de la posture états-unienne sur le Sahara.
À cette occasion, le chef de la diplomatie marocaine avait rencontré Mike Waltz lors d’un entretien à huis clos. Si l’on ignore le contenu des échanges entre les deux hommes, l’établissement d’un contact crée une ligne entre le cabinet de Nasser Bourita et le nouveau représentant de Washington à l’ONU qui, rappelons-le, est le “penholder” (délégation qui écrit la première version d’un projet de texte) de la Minurso, la mission onusienne au Sahara. Avantage Maroc.
