Maison en flammes en Iran
Cinéma. Iman, fraîchement nommé juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran, voit son monde vaciller lorsque son pays s’embrase sous la colère d’un peuple en révolte après le meurtre de Mahsa Amini. Alors que le mouvement “Femme, Vie, Liberté” secoue les rues, sa maison devient le théâtre d’un autre affrontement : ses filles s’engagent dans la contestation, sa femme tente de préserver l’équilibre, et lui, rongé par la peur, s’enfonce dans le silence.

Avec Les graines du figuier sauvage, Mohammad Rasoulof signe un huis clos oppressant, allégorie implacable d’un régime à bout de souffle. Tourné clandestinement, alors que le cinéaste venait à peine de sortir de prison, le film rend un hommage bouleversant aux Iraniennes en lutte. Entre effondrement intime et chaos collectif, cette œuvre, prix spécial du jury à Cannes 2024, s’impose comme un magnifique cri cinématographique.
Les 6 et 8 mai à l’Institut français de Casablanca.
Quand la Terre crie
Spectacle. Des girafes géantes traversent Jamaâ El Fna, des gnous surgissent à Aïn Sebaâ, un lion de 4 mètres rôde dans les ruelles de Salé… C’est le spectacle The Herds, un projet artistique mondial qui alerte sur la crise écologique avec des marionnettes d’animaux en taille réelle. Conçues à partir de matériaux recyclés, elles incarnent une fuite symbolique face à la destruction des écosystèmes.

Imaginée par le metteur en scène palestinien Amir Nizar Zuabi, cette procession poétique s’arrête au Maroc du 2 au 11 mai, avec une mobilisation inédite de 150 participants à Marrakech, Casablanca et Salé. Au programme : six performances gratuites dans l’espace public, entre art de rue, chorégraphie collective et choc visuel. Une œuvre itinérante puissante, qui appelle à un réveil écologique.
Les 2, 3 et 4 mai à Marrakech, les 9, 10 et 11 mai à Casablanca et Rabat.
L’art du lien

Photographie. Qu’est-ce qui fait communauté ? C’est autour de cette question que se déploie la 2e édition du Mai de la Photo à travers la ville de Marrakech. Relancé en 2024 par Sakina Rharib, qui était à l’initiative du projet en 2000, l’événement célèbre la photographie comme outil de narration collective.
Expositions, projections, ateliers et rencontres interrogeront ce qui unit les individus dans un monde fracturé. Portée par une constellation d’acteurs culturels – de la Maison de la Photographie au 18, en passant par Dar Bellarj, l’Institut français ou la Fondation Leila Alaoui –, cette édition se déploie à travers la ville ocre, en mettant l’accent sur l’inclusion, la participation et la diversité des regards.
Du 2 au 31 mai à Marrakech.
Retour aux sources
Concert. Il a grandi à Bab Doukkala, quartier qu’il évoque souvent dans ses textes, a enregistré ses premiers sons à Paris, et se produit désormais à Casablanca. Son flow mélancolique et incisif en fait une figure montante du rap français. Zamdane, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, vient présenter Solsad, son deuxième album, sorti en 2024.
Le 3 mai au Studio des Arts Vivants, Casablanca.
Eloge de la lenteur
Exposition. Avec Ralentir / Kheffef / Slow Up, Alexandre Chaplier et Brahim Benkirane signent une série photographique entre Tanger, Agadir, Safi et Oujda, loin des grands axes et de la frénésie. En noir et blanc ou en couleurs, leurs clichés révèlent la poésie d’un Maroc discret, capté au fil d’un voyage où chaque détour devient rencontre. Une ode à la lenteur, à découvrir à ciel ouvert, sur les façades de la gare ferroviaire de Tanger.
Du 29 avril au 29 mai 2025, Gare ferroviaire de Tanger (extérieur).
