SIAM 2025 : comment le Maroc et la France espèrent semer l’avenir ensemble

Invitée d’honneur du SIAM 2025, la France a saisi sa présence pour réaffirmer et renforcer son partenariat stratégique avec le Maroc. De la gestion de l’eau à l’innovation agricole, les deux pays affichent une volonté commune d’unir leurs expertises face aux défis d’une agriculture plus durable et adaptée aux territoires.

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C’est l’occasion d’approfondir nos relations qui sont déjà extrêmement riches sur les sujets liés à l’agriculture et à l’eau, qui est un enjeu stratégique aujourd’hui de ce Salon”, a affirmé Benjamin Haddad, ministre délégué français auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lundi 21 avril à Meknès, à l’ouverture officielle du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) 2025.

Dans la continuité de la visite du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre dernier, la participation française à Meknès se veut dense et offensive. Plusieurs dizaines d’entreprises de l’Hexagone y présentent leurs solutions, notamment dans les domaines de l’agriculture connectée, de l’irrigation de précision, de la mécanisation et de la valorisation des ressources agricoles.

Autant d’initiatives qui, selon Benjamin Haddad, doivent permettre de “conclure nombre d’accords” et faire de 2025 “une année d’approfondissement des relations entre l’Union européenne et le Maroc”. Pour le ministre français, cette relation bilatérale dépasse la logique commerciale. Il s’agit, selon lui, d’un partenariat stratégique qui doit jouer un rôle moteur à l’échelle méditerranéenne.

“Le choix de la France comme invitée d’honneur montre encore une fois les potentiels d’approfondissement des relations entre les deux pays sur les plans agricole, économique et culturel”, a-t-il estimé, avant d’ajouter : “L’UE a tout intérêt à approfondir sa présence et ses relations dans son voisinage méditerranéen. Et quel meilleur partenaire stratégique que le Maroc pour l’Union européenne ?”

Innovation et gestion durable

Le lendemain, en marge d’une conférence internationale de haut niveau organisée dans le cadre du Salon, Benjamin Haddad a réaffirmé la nécessité de renforcer les échanges d’expériences et les transferts de savoir-faire entre le Maroc et la France.

Il a souligné que cette coopération technique est d’autant plus urgente qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial où la souveraineté alimentaire, l’adaptation au changement climatique et la préservation des ressources sont devenus des priorités partagées.

“Cela permettrait de favoriser l’émergence de solutions concrètes et durables, portées par l’innovation et adaptées aux réalités des territoires”, a-t-il expliqué.

Pendant le Salon, deux conventions ont notamment été signées entre le Maroc et la France, confirmant la volonté des deux pays de structurer davantage leur coopération agricole. La première porte sur le développement de la filière oléicole, à travers un accord entre l’interprofession marocaine Interprolive et des partenaires français. Elle vise à encourager l’investissement croisé, le transfert de compétences et la valorisation industrielle de l’huile d’olive.

La seconde convention, elle, scelle un partenariat entre l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) du Maroc et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) de France. Cet accord vise à renforcer la recherche commune sur des sujets stratégiques tels que l’agroécologie, la gestion des ressources naturelles ou encore les systèmes alimentaires durables.

La Méditerranée en trait d’union

À travers ces annonces, la France cherche aussi à faire de sa coopération agricole avec le Maroc un modèle dans le voisinage Sud de l’Union européenne. L’agriculture, enjeu de résilience territoriale, est aussi un vecteur de stabilité et de développement économique dans une région soumise à de multiples tensions environnementales.

Pour le Maroc, cette collaboration s’inscrit dans une logique d’alliances multiples avec des partenaires qui partagent ses priorités en matière de durabilité, d’innovation et de souveraineté alimentaire.

Alors que la transition agroécologique devient une nécessité planétaire, la relation franco-marocaine semble vouloir s’installer comme un laboratoire méditerranéen du changement agricole. Elle s’appuie sur des liens historiques solides, des intérêts convergents et, désormais, des engagements techniques et scientifiques partagés.

Des signaux qui interviennent dans un contexte où la coopération n’est plus une option, mais une condition de survie collective pour le Maroc et l’Union européenne (UE). “L’eau est une ressource rare qui doit être gérée d’une façon durable et qui doit devenir une priorité politique et il n’y a pas d’autre façon de le faire qu’ensemble”, nous a indiqué Patricia Llombart Cussac, ambassadrice de l’UE au Maroc.

“C’est un défi que nous partageons avec le Maroc à l’Union Européenne. C’est pour ça que nous avons déjà commencé à travailler il y a quelques années sur ces questions, en signant un premier partenariat vert avec l’eau au centre de cette coopération”, a-t-elle ajouté.

Une coopération de longue date

Quant à la coopération agricole entre la France et le Maroc, elle repose déjà sur un socle solide de longue date. Depuis quelques années, les deux pays travaillent pour promouvoir l’innovation dans des domaines clés tels que l’agriculture de précision, la gestion de l’eau et l’adaptation au changement climatique.

Le Maroc, qui fait face à des enjeux environnementaux majeurs, bénéficie de l’expertise française, notamment en matière d’irrigation de précision et de mécanisation. Cette coopération s’étend également à des initiatives de recherche, avec des partenariats entre institutions françaises et marocaines, comme ceux de l’INRA et du CIRAD, pour travailler sur des thématiques telles que l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Des projets concrets pour favoriser l’émergence de solutions adaptées aux spécificités des territoires et aux défis des deux pays devraient suivre.

La France, par son rôle de catalyseur, souhaite non seulement intensifier ces échanges bilatéraux, mais aussi positionner cette coopération comme un modèle pour la région méditerranéenne. Elle contribue à la construction d’un réseau solide de partenaires, renforçant la résilience agricole et territoriale dans un environnement commun soumis à des pressions climatiques et géopolitiques.