Ces acteurs du tourisme qui misent sur le “casher” pour attirer les touristes israéliens au Maroc

Depuis le 25 juillet, date de l’inauguration des deux premiers vols directs entre Israël et le Maroc, plus de 1200 touristes israéliens sont passés par Marrakech. Pour passer à la vitesse supérieure, les acteurs touristiques cherchent à “cashériser” la destination Maroc.

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Le 25 juillet dernier, un premier avion commercial du transporteur israélien Israir avait atterri à l’aéroport de la capitale touristique du pays avec 180 passagers à son bord. Crédit: facebook.com/IsraelArabic

En moins de deux semaines, déjà 1270 touristes israéliens ont posé leurs valises à Marrakech. Le 25 juillet dernier, soit sept mois après la reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv, un premier avion commercial du transporteur israélien Israir avait atterri à l’aéroport de la capitale touristique du pays avec 180 passagers à son bord.

Si celui-ci n’a pas opéré d’autres vols, la compagnie nationale israélienne El Al a mis en place une liaison régulière, avec un vol par semaine. À partir du mois d’octobre, deux vols par semaine sont prévus. Une liaison Tel-Aviv–Casablanca est déjà proposée.

Club de vacances casher

Si le Maroc est très prisé par les Israéliens, c’est parce le royaume abrite la plus importante communauté juive d’Afrique du Nord, avec quelque 3000 personnes. Environ 700.000 juifs d’origine marocaine vivent en Israël, soit près d’un dixième de la population du pays. “Avec le rapprochement entre les deux pays, il y a un potentiel touristique énorme”, annonce Joseph Gabison, fondateur du To be club, un club de vacances casher à Marrakech.

Pour l’instant, les Israéliens ne représentent que 10 % de la clientèle du club de vacances exclusivement juif de Joseph Gabison. Ce Français d’origine tunisienne, lui-même de confession juive, a choisi d’exploiter le filon du village vacances “casher” pour la première année.

Installé dans un hôtel cinq étoiles à Marrakech, son club propose une myriade d’activités et d’animations traditionnelles en plus de cours donnés par des rabbins et un service de cuisine casher. “Au niveau de la viande, tout est acheté local, on est très bien fourni au Maroc”, précise Joseph Gabison.

Le rabbin Pinto à la manœuvre

Manger casher est l’une des bases de la pratique de la religion juive. Il faut répondre aux besoins alimentaires pour s’assurer de la venue des touristes de confession juive. C’est l’un des objectifs de Yoshiyahu Yosef Pinto, rabbin star de Casablanca qui souhaite créer des liens entre communautés musulmane et juive marocaines.

Mon travail depuis que nous sommes installés ici est de mettre en place la stratégie du rabbin. Une partie concerne la mise en place d’une bonne cacheroute pour le Maroc”, a confié Menahem Pinto, le frère du rabbin, à TelQuel, il y a quelques mois. La cacheroute définit les aliments autorisés à la consommation, mais décrit également le processus pour rendre un aliment propre à la consommation.

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L’organisation Shuva Israel, dirigée par la famille Pinto, forme dans des yeshivas (écoles où on étudie la Torah) des étudiants à tous les métiers liés à la religion juive, notamment dans le domaine de l’abattage religieux — une yeshiva a ouvert à Casablanca en 2019. En parallèle, Shuva Israel a mis en place un système de label en plus de conseiller les entreprises qui se tournent vers le casher.

Une manière de préparer le royaume à l’arrivée de milliers de touristes israéliens. Avant la pandémie, 50.000 à 70.000 d’entre eux transitaient par d’autres pays pour se rendre au Maroc. “Pour 2022, l’objectif est d’accueillir 300.000 personnes. On multiplie quasiment par six”, se réjouit Joseph Gabison. Les acteurs du tourisme misent sur la venue des Israéliens pour les fêtes juives de Souccot, en septembre et Chavouot, en juin l’année prochaine. Des arrivées synonymes “de perspectives intéressantes” d’après Hicham Kamihi, directeur général de l’agence de voyages Apadana.

Si le nombre de touristes israéliens arrivés demeure pour l’instant en dessous des chiffres espérés, c’est parce que selon Hicham Kamihi, le bureau de liaison marocain ouvert à Tel-Aviv il y a quelques semaines, accuse un retard dans le traitement des demandes : “Ils manquent de personnels et n’arrivent pas à fournir les visas à temps.

En plus d’accords touristiques et commerciaux, des discussions autour de la coopération économique et politique sont prévues lors de la venue du ministre des Affaires étrangères israélien, Yair Lapid, les 11 et 12 août. Il inaugurera officiellement la mission diplomatique israélienne installée à Rabat.

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