Devenir adulte pendant la pandémie

Par Fatym Layachi

Le beau temps s’installe, les manches raccourcissent, les salles de sport rouvrent, l’ambiance s’allège. Ta mère commence même à imaginer passer l’été en bord de mer. Bien évidemment que ça te fait plaisir de voir qu’elle est moins angoissée, mais tu trouves ça un peu fou de penser déjà à l’été. Ça te paraît tellement loin, l’été… Toi, même le mois prochain te paraît loin. Quand tu vois que sur Insta la moitié de tes potes commencent à partager des plans de briouate et autres gourmandises ramadanesques, ça te fait un peu halluciner. Tu trouves ça un peu tôt. Mais quand tu fais la remarque à Zee, elle te dit que c’est toi qui n’es pas dans le bon tempo. Elle doit sans doute avoir raison. En fait, à bien y réfléchir, tu réalises que c’est toi qui n’arrives pas à te projeter. Cette pandémie t’aura pris ça aussi: ta capacité à te projeter. Ton rapport à la temporalité n’est plus du tout le même. Alors bien sûr, il y a les horaires de couvre-feu qui font que les journées…

article suivant

Enseignants contractuels : Amzazi se penche sur le dossier