Jeff Bezos accuse le tabloïd National Enquirer de chantage

Le PDG et fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, accuse l'hebdomadaire à scandale National Enquirer de l'avoir menacé de publier des photos intimes s'il ne renonçait pas à enquêter sur la manière dont le titre s'est procuré des informations sur sa liaison extraconjugale.

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Le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos. Crédit: Jim Watson/AFP

Tout a commencé avec la publication, fin janvier par le magazine, de textos passionnés échangés entre Jeff Bezos et une amie au printemps 2018, soit plus de six mois avant l’annonce de la séparation de l’homme le plus riche du monde avec son épouse, MacKenzie.

Contrarié, le créateur d’Amazon a alors engagé des détectives privés pour tenter de découvrir l’origine de la fuite et déterminer si les motivations d’American Media Inc (AMI), le propriétaire du National Enquirer, allaient au-delà du scoop.

Inquiet de la publication d’informations issues de cette enquête, AMI a contacté le PDG d’Amazon pour lui demander de ne rien en faire, selon une tribune publiée jeudi par Jeff Bezos sur le site Medium.

En contrepartie, le groupe s’engageait à ne pas utiliser des photos intimes, et potentiellement compromettantes, échangées entre Jeff Bezos et sa fameuse amie.

Le milliardaire a refusé et publié jeudi le contenu de lettres échangées avec AMI.

De manière détournée, il laisse entendre que les révélations le concernant publiées par le National Enquirer pourraient avoir un lien avec l’hostilité qu’affiche Donald Trump envers lui.

La personne chargée de l’enquête par Jeff Bezos, Gavin de Becker, a notamment révélé s’être intéressée au frère de l’amie de Jeff Bezos, Michael Sanchez, qui compte parmi ses connaissances Roger Stone, conseiller et ami de longue date de Donald Trump.

M. Sanchez, qui a fréquenté également Carter Page, ancien conseiller diplomatique du président américain, pourrait ainsi être à l’origine de la fuite selon l’enquête, a révélé le site Daily Beast.

Dans sa tribune, Jeff Bezos laisse aussi entendre que les enquêteurs se seraient intéressés aux relations entre AMI et Donald Trump.

Le patron d’AMI, David Pecker, est un ami de longue date du président américain et a reconnu avoir acquis les droits de témoignages compromettants pour Donald Trump avec le projet clair de ne jamais les publier, pour le protéger.

Il a, depuis, accepté de collaborer avec la justice dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, un revers pour Donald Trump.

Dans sa tribune, Jeff Bezos mentionne également l’Arabie saoudite, et évoque des liens supposés entre AMI et le prince Mohammed ben Salmane.

Or le prince a ordonné, selon plusieurs rapports officiels, le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, qui a collaboré au Washington Post, propriété de Jeff Bezos.

Le président américain critique régulièrement Jeff Bezos, le plus souvent sur Twitter, l’accusant notamment de vouloir le discréditer via le Washington Post, dont il est propriétaire, ou de ruiner la poste américaine en lui imposant des tarifs trop avantageux pour Amazon.

Sollicité par l’AFP, le groupe AMI n’a pas réagi dans l’immédiat.