À Sebta, le nombre de migrants mineurs a explosé de 446 % en 2018

À Sebta, le nombre de migrants mineurs a explosé de 446 % en 2018

Le nombre de mineurs marocains entrés illégalement à Sebta en 2018 a dépassé la barre des 3.000. Face à la pression migratoire, le gouvernement local presse l'Exécutif espagnol de trouver des solutions.

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La clôture de Sebta, hérissée de barbelés. Crédit : AFP PHOTO / JORGE GUERRERO Crédit: AFP PHOTO / JORGE GUERRERO

Ils tentent le passage à la sortie de l’école, la plupart à partir de Tétouan ou de Tanger, où ils se glissent parmi les journaliers qui franchissement légalement la frontière de Tarajal. Selon l’agence de presse espagnole Europa Press, Sebta a enregistré 3.344 entrées de mineurs étrangers non accompagnés (MENA) en 2018. Une augmentation de 446 % par rapport à l’année précédente. Tous, ou presque, sont Marocains et sont des garçons. Les jeunes filles représentent seulement 1,2% des arrivées.

Rien que la semaine dernière, le centre pour mineurs La Esperanza a recueilli 295 adolescents marocains, parmi lesquels 235 vivent aujourd’hui dans des locaux techniques et 60 dans des « igloos », ces petits modules préfabriqués dont s’est équipée en urgence la ville à l’automne dernier. Le surpeuplement « empêche l’attention adéquate portée aux mineurs, porte gravement atteinte à leur coexistence et pose des problèmes de sécurité, aussi bien pour eux que pour les professionnels qui sont débordés et ont peu de chance de leur accorder l’attention et les soins dont ils ont besoin », confient des sources gouvernementales espagnoles à Europa Press.

Rien de prévu dans le budget 2019

Le président de Sebta, Juan Vivas a réclamé de l’État « un engagement » pour apporter une solution à la situation des mineurs non accompagnés, lors de la Convention nationale du Parti populaire (PP), qui s’est clôturée le 20 janvier 2019. Plus précisément, il a exigé davantage de ressources humaines et matérielles à la frontière pour réduire au minimum les entrées irrégulières de ces mineurs.

« Ce n’est pas la faute de ceux qui effectuent les contrôles. Ce n’est pas la faute de la Gardia civil ou de la police, mais plutôt du fait que notre frontière est sous-financée en moyens technologiques, en infrastructures, en moyens matériels et en personnel », a déclaré Juan Vivas, en insistant sur l’importance pour l’Espagne «d’activer les protocoles avec le Maroc pour réaliser la réunification familiale».

Le président de Sebta s’est dit particulièrement « préoccupé » par le projet de budget général de l’État pour 2019. Contrairement aux années précédentes, ce dernier ne prévoit rien pour les mineurs non accompagnés d’Afrique du Nord  où la pression migratoire exercée sur les frontières terrestres revêt un « caractère unique ».

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