A l'hôpital d'Ait Attab "pas d'accouchement pendant les jours non ouvrables"

A l'hôpital d'Ait Attab "pas d'accouchement pendant les jours non ouvrables"

Une pancarte placardée à l'entrée du centre hospitalier d'Aït Attab (province d'Azilal) indiquait que l'établissement n'assurerait plus les accouchements durant les jours «non ouvrables» et les «jours fériés», et ce jusqu'à nouvel ordre. Tandis qu’internautes et citoyens accusent, le ministère de la Santé rassure.

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Un dispensaire dans la région d'Azilal (Image d'illustration) Crédit: Yassine Toumi/TELQUEL

Il ne peut y avoir d’accouchement durant les jours non ouvrables (vendredi après-midi, samedi, dimanche et jours de fête). Prière de vous diriger plutôt vers l’hôpital provincial de Béni Mellal ». La population d’Aït Attab est en colère. A l’origine de sa grogne : deux phrases rédigées au feutre rouge sur une pancarte accrochée à une porte du centre hospitalier d’Aït Attab. L’information, rapportée le 6 août par le journal Al Ahdath al Magrhibiya, a rapidement créé polémique.

L’affichette, récemment placardée par une sage femme de ce petit hôpital situé à l’est de Marrakech, dans la province d’Azilal, a de facto suscité la colère des internautes. Peu de temps après cet affichage, les critiques fusent sur les réseaux sociaux : elles pointent du doigt l’arrêt soudain des soins pour les femmes enceintes et celui des accouchements à partir du « vendredi après-midi jusqu’au dimanche », ainsi que « les jours fériés ».

Surtout, la population locale et celle de la Toile dénoncent le fait que ces femmes sur le point d’accoucher durant les jours « non ouvrables » se trouvent dans l’obligation de se rendre à l’hôpital provincial de Béni Mellal (à plus de 120 km d’Aït Attab).

Une seule sage-femme

Au lendemain de la parution de l’affiche – qui a été retirée le jour même par les autorités locales -, le directeur provincial par intérim de la région d’Azilal, Khalid Benrahal, nous donne sa version des faits. Le docteur explique que cet acte impromptu est le fait d’une seule personne : une des trois sages-femmes de l’établissement. « Il n’y avait pas lieu de procéder de la sorte, mais elle a d’elle-même pris la décision d’afficher la pancarte », nous explique-t-il. Sauf que, sur ladite affichette, le cachet du responsable du dispensaire est clairement visible.

Si ce supposé choix de la praticienne n’a été approuvé ni par « l’administration », ni par « le médecin en chef », ni par « la délégation », selon Khalid Benrahal, il indique toutefois que le ministère de la Santé approuve les propos rédigés. Le directeur provincial par intérim justifie alors : « Il faut bien comprendre la situation. Aït Attab est un centre de santé rural de niveau 2 qui ne dispose seulement que de trois sages femmes assurant la continuité du service. L’une d’entre elles est en congé de maternité, la deuxième est en arrêt maladie, il en reste donc une. »

En réponse à ce sous-effectif, l’administration de l’établissement et la délégation des professionnels ont donc « contacté les responsables des autorités locales ainsi que des élus » avec lesquels ils se sont « entendus pour mettre à la disposition des femmes enceintes de Aït Attab une ambulance permettant aux femmes enceintes désirant être examinée ou à celle qui doivent accoucher de les transporter vers l’hôpital régional ou l’hôpital provincial de Béni Mellal », poursuit Khalid Benrahal.

Se voulant rassurant, le directeur provincial par intérim affirme que depuis le retrait de l’affichette, « des mesures ont été prises de la part des responsables du centre de santé et des élus locaux » pour informer les habitants de la région d’Azilal « que la sage femme de l’hôpital continuera, elle, de travailler pendant quasiment tous les jours ouvrables ». Un rythme soutenu qui ne lui permettait « pas d’assurer les soins et les accouchements le samedi et le dimanche ». 

Quant à savoir si la situation s’arrangera d’ici peu, Khalid Benrahal promet, sans donner cependant davantage de précision, que « les choses rentreront bientôt dans l’ordre », puisque la sage femme en congé maladie « devra de toute façon de nouveau rentrer en service ».

 

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