Le 23 juin, à l’issue de la réunion trimestrielle du Conseil de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri a livré une précision qui contredit neuf mois de récit médiatique. Interrogé sur l’arrivée dans le royaume de Revolut, néobanque fondée au Royaume-Uni, le gouverneur de la banque centrale a confirmé avoir reçu sa direction au début du mois, accompagnée d’un représentant marocain.
Puis il a ajouté l’essentiel : aucune demande d’agrément n’a été déposée. La fintech, présentée depuis l’automne comme l’un des entrants les plus attendus du secteur bancaire marocain, n’a engagé à ce jour aucune procédure formelle auprès de la banque centrale. Tout le reste relève du stade exploratoire.
Trois priorités réglementaires avant d’ouvrir la porte
Le wali de Bank Al-Maghrib a opposé à l’intérêt de Revolut trois chantiers qu’il juge prioritaires. Le premier porte sur la directive européenne qui affecte l’activité des banques marocaines dans l’UE, un dossier sensible pour les transferts des Marocains résidant à l’étranger. Le deuxième concerne l’évaluation conjointe du FMI et de la Banque mondiale, attendue en fin d’année. Le troisième, l’examen du Maroc par le Groupe d’action financière au titre de la lutte contre le blanchiment — un volet particulièrement exposé pour une activité de paiement transfrontalier.

“Nous sommes investis dans la réalisation de tous ces chantiers”, a résumé Jouahri, avant de préciser qu’il n’était pas “maître du temps” sur les délais. Selon son propre récit, les dirigeants de Revolut auraient reconnu que le moment n’était pas favorable et indiqué qu’ils reviendraient dans quelques années.
