Laïla Marrakchi: « Parler d’amour et de sexualité, c’est toujours compliqué au Maroc » – Telquel.ma

Laïla Marrakchi : "Parler d'amour et de sexualité, c'est toujours compliqué au Maroc"

Diffusé sur 2M le 2 avril, le documentaire "Zwaj El Wakt" qui parle d'amour a suscité la polémique pour avoir évoqué la question de la sexualité. Laïla Marrakchi, qui a réalisé le film, répond aux critiques et explique sa démarche artistique.

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© David Souenellen

Le documentaire « Zwaj El Wakt », réalisé par Laïla Marrakchi et diffusé le 2 avril sur 2M, a provoqué l’ire de certains internautes. Ils crient à la « déliquescence des moeurs » et à « l’incitation à la débauche », en raison de certains passages qui abordent ouvertement la question de la sexualité. Laïla Marrakchi explique dans cette interview que « Zwaj El Wakt », n’a fait que poser un regard bien plus global sur l’amour chez les Marocains. La réalisatrice défend une démarche dont l’objectif était d’explorer le rapport amoureux avec beaucoup de pudeur, mais sans non-dits. Dans son documentaire, quatre couples de Rabat, Casablanca et Marrakech racontent comment ils se sont rencontrés, comment ils sont tombés amoureux et comment ils vivent leur sexualité.

Telquel.ma : Votre documentaire « Zwaj el wakt » a fait couler beaucoup d’encre. Des internautes ont été choqués par le fait que votre film parle ouvertement d’amour et sexe. Que leur répondez-vous ?

Laila Marrakchi : J’ai vu rapidement certains commentaires sur la page Facebook des « Histoires et des Hommes« , mais je n’ai pas tout regardé. Dans mon film, je parle d’amour, de rencontres et de sexualité de manière intime à travers le regard de différents couples qui sont mariés pour la plupart. À en croire les commentaires, ce sont des notions occidentales qui ne nous concernent pas et qui ne font pas partie de notre culture. Cela a été interprété comme un affront, pourtant il n’y a rien de choquant dans ce film. Mais je me dis que c’est une bonne chose qu’on puisse ouvrir le débat.

Mais là, on assiste à un débat de sourds…

On vit dans la culpabilité et il est important de pousser les limites sur cette question. Je vois trop de jeunes qui souffrent et qui sont dans le déni du rapport amoureux. Et c’est ce qui m’a poussé à faire ce documentaire. Visiblement parler d’amour et de sexualité, c’est toujours compliqué au Maroc.

Votre documentaire a été regardé par 1.985.000 de téléspectateurs et a réalisé 23,8 % de part d’audience. Comment expliquez-vous ce succès à l’audimat ? 

À 2M, ils sont très courageux. Cela fait un long moment que je voulais travailler sur la question de l’amour. Lorsqu’on m’a proposé de le faire à la télévision, j’ai tout de suite dit oui. J’avais envie d’explorer l’amour dans une société musulmane comme la nôtre où la loi, la religion, et le regard de la société pèsent sur les gens. Au départ, je voulais travailler sur des profils de couples différents et qui ne sont pas forcément mariés, mais beaucoup de personnes se sont désistées. C’est dur de faire parler les gens sur leur intimité face caméra, et encore plus lorsqu’il s’agit de sexualité.

Et comment avez-vous réussi à composer avec cette appréhension face à la caméra ?

Les couples qui ont accepté de se livrer nous ont fait confiance. Ma cheffe opératrice et moi étant des femmes, cela nous a beaucoup aidées. Et ça se voit à l’image, vous avez des couples assez différents qui parlent de manière ouverte mais pudique de l’amour, de leur rapport à leur partenaire et de leur intimité.

Le documentaire complet est disponible sur le site de 2M.

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