Samir: 20 candidats, mais toujours pas d'offre concrète

18 investisseurs représentant "les importantes nationalités pétrolières" ont tous les éléments entre les mains pour formuler leurs offres pour le rachat de la Samir. Il ne leur reste plus que 17 jours pour les soumettre.

Par

Raffinerie de la Samir
AIC Press

Mohammed El Krimi, le syndic judiciaire de la Samir, multiplie les sorties médiatiques depuis quelques jours dans l’espoir « d’attirer le plus d’offres », comme il le dit lui-même ce lundi 20 février lors de la conférence tenue au tribunal de commerce pour présenter la procédure de consultation du cahier de charges de la raffinerie.

Depuis le début de la procédure, ses sorties sont bien calculées, et ses propos mesurés. Il refuse à chaque fois de répondre aux questions qui ne touchent pas la thématique de la conférence. Face à cette communication verrouillée, l’arrivée d’un investisseur accompagné d’un avocat pour prendre « des informations sur la Samir« , quelques minutes avant le démarrage de la conférence, en surprend plus d’un dans la salle.

Assailli par les questions des journalistes présents, l’investisseur étranger a refusé de répondre, ou même de dévoiler son identité. Après un bref échange avec le syndic, il quitte la salle précipitamment. Serait-ce une mise en scène? « Juste pour précision, cet investisseur est venu sans rendez-vous et nous n’étions pas informés de sa venue », explique le syndic judiciaire qui ne s’est pour autant pas privé de se prendre en photo au moment de la remise d’un CD contenant un résumé du cahier de charges à l’investisseur en question.

Lire aussi : Mohammed El Krimi: « La vente des actifs de la Samir est conditionnée par le maintien de l’activité de raffinage »

Comme cet investisseur, une vingtaine d’opérateurs se sont manifestés. Ils « sont américains, anglais, européens, il y a aussi quelques Arabes », avance Mohammed El Krimi. « 18 d’entre eux ont déjà fait les due diligences entre mars et novembre dernier », ajoute-t-il. Désormais, tous les investisseurs intéressés, les anciens comme les nouveaux, doivent se plier à une procédure spécifique pour consulter la mine d’informations que représente le « cahier de charges ». « L’investisseur doit formuler une lettre de manifestation d’intérêt, il doit se déplacer en personne (pas d’intermédiaire) pour une réunion avec le syndic, signer un protocole de confidentialité des données », énumère El Krimi.

Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’il pourra accéder au cahier de charges pour « le consulter« . Le syndic précise que les investisseurs « n’ont pas le droit de faire des copies du cahier de charges ni de l’avoir en version numérique ».  Ils peuvent néanmoins recevoir quelques données numériques, après signature du protocole de confidentialité.

Le cahier de charges n’est d’ailleurs disponible qu’à la bibliothèque du tribunal de commerce de Casablanca. Le lieu a été privatisé pour les besoins du dossier Samir. « Chaque investisseur peut prendre rendez-vous et envoyer ses équipes pour consulter tous les documents sur place. Il peut même rester ici une semaine s’il veut », lâche El Krimi. Il ne reste plus que 17 jours aux investisseurs pour déposer leurs offres. Tout laisse penser que ce délai est insuffisant. Là encore, El Krimi élude la question en précisant juste que « la procédure est flexible ». C’est dit.

Lire aussi : Cession de la Samir: le droit de préemption pose-t-il problème ?

Lire aussi : Des groupes étrangers intéressés par le rachat de Samir