Mohammed VI : « C’est en Afrique que se jouera l’avenir de notre planète »

Pour Mohammed VI, la COP21 offre l’opportunité de consolider un instrument juridique global permettant de limiter le réchauffement climatique avec une économie décarbonée.

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Le patrimoine naturel commun à l’humanité est « aujourd’hui mis en équation parce que la communauté internationale n’aura pas su ou voulu se mobiliser à temps », a déclaré lundi 30 novembre le roi Mohammed VI, dans un discours lu à l’occasion de la COP21, grand rendez-vous mondial sur l’environnement qui se tient à Paris.

Le roi a fustigé les atermoiements de la communauté internationale pour faire face aux défis climatiques :   « Longtemps, nous avons voulu ne pas voir », a poursuivi Mohammed VI, dans un discours qui n’est pas technique, mais qui s’adresse davantage à l’émotionnel.

« L’enjeu de nos discussions n’est ni idéologique, ni diplomatique, ni même économique au sens conventionnel de nos débats et de nos rencontres antérieures », a-t-il enchaîné

« Le temps du doute et du scepticisme n’est plus permis, pas plus que ne le sera désormais l’alibi des fausses priorités pour une Communauté des Nations, qui pendant trop longtemps a accepté de tourner le dos au devenir et à l’avenir de tous ses enfants », a affirmé le souverain.

Le roi a mis en avant la politique des barrages, mise en œuvre par le Maroc depuis une cinquantaine d’années. « Nous avons veillé à son renforcement, ce qui a permis au Royaume de se doter de 140 grands barrages classés, dont près du tiers ont été construits au cours des 15 dernières années », précise-t-il.

Mohammed VI a ajouté que, depuis la prise de conscience de l’urgence climatique à Rio en 1992, le Royaume a inscrit sa politique en matière de développement durable et de protection de l’environnement, dans l’effort global de la communauté internationale, à travers une série de réformes constitutionnelles, législatives, institutionnelles et règlementaires. En guise d’exemple, le roi a évoqué la Charte de l’environnement, le Plan Maroc Vert, le Plan d’investissement vert, l’interdiction des OGM et la récente loi sur les déchets plastiques.

Leader africain

Le Maroc entend se placer comme acteur majeur de la transition énergétique dans le monde et plus particulièrement sur le continent africain. C’est ainsi que l’objectif de 42 % qui avait été fixé pour la part des énergies renouvelables, dans la réponse à apporter aux besoins du Maroc en 2020, a été porté à 52 % à l’horizon 2030.

Le roi a souligné que le continent africain mérite une attention particulière. « C’est en Afrique, continent de l’avenir que se jouera l’avenir de notre planète » a-t-il affirmé pour appeler à la promotion des transferts de technologies et à la mobilisation des financements, en priorité en faveur des pays en développement.

La conférence de Paris et celle que le Maroc accueillera dans un an à Marrakech, seront les « conférences fondatrices du futur que nous avons le devoir et la responsabilité de léguer à nos enfants », conclut le roi.

 

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