On craignait le tassement après une année 2025 record. Il n’en est rien. Au terme du premier trimestre 2026, le marché automobile marocain affiche 58.901 immatriculations, en hausse de 22,3 % par rapport à la même période un an plus tôt, selon les dernières statistiques de l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM). La dynamique engagée l’an dernier, avec 235.372 unités sur l’ensemble de l’exercice, se prolonge sans faiblir.
Dacia-Renault, le duopole inébranlable
Sur le segment des véhicules particuliers, 52 015 unités ont été immatriculées (+23,1%). Sans surprise, le duo Dacia-Renault règne sans partage : 11.814 unités pour Dacia (+15,8 %), 9642 pour Renault (+35,6 %), soit 37,5 % de parts de marché à eux deux.
Les quatre modèles les plus vendus au Maroc sortent de leur écurie : Sandero (4624 unités), Logan (4336), Express (3592) et Clio (3219). Derrière, Hyundai complète le podium avec 3637 unités malgré un recul de 18,8 %, suivi de Peugeot (3195, +19,3 %) et Volkswagen (2799, +12,7 %). À signaler la belle progression de Citroën (+40,1 %) et le retour en force de Nissan, qui a triplé ses immatriculations à 1 001 unités.
Côté utilitaires légers, la croissance est plus modérée (+16,5 %, 6886 unités). Fiat prend la tête avec 1164 unités (+40,7 %), devant Hyundai (752, +112,4 %) et Ford (627). Dongfeng signe la percée la plus spectaculaire avec 617 unités (+211,6 %), s’installant en quatrième position.
Les auto chinoises franchissent un cap
C’est le fait marquant de ce trimestre. Les 19 marques chinoises présentes sur le marché totalisent 7 015 immatriculations, soit près du triple du volume enregistré un an plus tôt. Leur part de marché atteint désormais 11,9 %, dont 10,7 % sur le segment VP. BYD mène le peloton chinois avec 930 unités VP, devant MG (603), Soueast (575), Changan (533) et Geely (520). En VUL, Dongfeng et DFSK dominent grâce à leurs gammes de mini-camions.
Autre fait notable : les marques chinoises sont électrifiées aux deux tiers de leur mix VP, entre PHEV, hybrides et REEV. Ce sont elles qui tirent l’électrification du marché marocain, alors que le diesel pèse encore 68,6 % des ventes globales. L’électrifié au sens large atteint 14 % du marché VP, mais le 100 % électrique reste marginal à 0,74 %.
Au-delà des volumes, c’est la structure même du marché qui se transforme. Multiplication des marques, montée en puissance de l’hybride rechargeable, offensive chinoise sur les prix et la technologie : le paysage automobile marocain de 2026 ne ressemble plus à celui d’il y a trois ans. Les acteurs historiques tiennent encore le haut du pavé, mais la pression s’intensifie trimestre après trimestre.
