Élu au Sénat en 2002 pour représenter la Caroline du Sud, Lindsey Graham était l’une des figures les plus influentes de Washington en matière de politique étrangère, plaidant régulièrement en faveur d’interventions militaires américaines à l’étranger.
Donald Trump lui a rendu hommage, le qualifiant de « véritable patriote américain » qui « laissera un grand vide ».
Selon les premières conclusions du médecin légiste, relayées par son porte-parole, le décès serait dû à une rupture de l’aorte, l’artère principale du cœur.
Quelques heures avant sa mort, Graham revenait d’une visite à Kyiv, où il avait rencontré vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Aucun problème de santé n’avait été signalé avant ce déplacement.
Donald Trump a indiqué à NBC News s’être entretenu avec le sénateur quelques heures avant son décès. « Il semblait en grande forme », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il paraissait simplement « un peu fatigué ».
D’adversaire à allié de Trump
Lindsey Graham s’était pourtant montré très critique à l’égard de Donald Trump au début de son ascension politique. En 2015, il le qualifiait notamment de « provocateur jouant sur les tensions raciales, xénophobe et fanatique religieux ».
À la veille de l’élection présidentielle de 2016, il avertissait : « Si nous désignons Trump, nous serons anéantis… et nous l’aurons mérité. »
Après l’assaut contre le Capitole en janvier 2021, Graham déclarait au Sénat : « Trump et moi, nous avons vécu un sacré parcours. Je déteste que cela se termine ainsi. Tout ce que je peux dire, c’est : comptez sans moi. Trop, c’est trop. »
Au fil du temps, son ton à l’égard du président s’est toutefois adouci.
Il a voté contre la condamnation de Donald Trump lors de son procès en destitution en 2021, puis a soutenu sa candidature à l’élection présidentielle de 2024.
Pour justifier ce revirement, Graham mettait en avant le bilan de Trump sur la frontière sud des États-Unis, l’élimination du général iranien Qasem Soleimani et la nomination de juges conservateurs.
« Donald Trump a un côté sombre… mais il a été un très bon président. Je reste à ses côtés parce que j’ai vu ce qu’il a accompli », déclarait-il à la BBC en 2023.
Une figure de la politique étrangère américaine
Lindsey Graham était connu pour ses positions interventionnistes, notamment son soutien affirmé à Israël et à la guerre contre l’Iran.
Le mois dernier, il déclarait à CBS que les États-Unis « anéantiraient » l’Iran si Téhéran ne se soumettait pas au contrôle américain du détroit d’Ormuz. Il s’agissait de l’une de ses dernières interviews télévisées.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué dimanche la mémoire du sénateur, affirmant que « Lindsey comprenait que la sécurité d’Israël et celle de l’Amérique sont indissociables ».
« Israël perd l’un de ses plus grands amis », a-t-il ajouté.
Graham avait également voté en faveur de l’intervention militaire en Irak après les attentats du 11 septembre 2001 et s’était opposé au retrait des troupes américaines d’Afghanistan en 2021, qu’il qualifiait d‘« événement triste et dangereux pour la sécurité nationale des États-Unis ».
(avec BBC)
