Dans une carrière, le plus difficile n’est pas d’atteindre le sommet, mais de s’y maintenir. Beaucoup de champions connaissent un pic avant de rentrer dans le rang. Soufiane El Bakkali, lui, suit une autre trajectoire. En effet, depuis son premier sacre olympique à Tokyo en 2021, le Marocain continue d’enchaîner les performances de premier plan.
Son titre olympique avait marqué un tournant. En s’imposant ce jour-là, il mettait fin à près de quatre décennies de domination kényane sur le 3000 m steeple aux Jeux olympiques. L’année suivante, le 18 juillet 2022, il confirmait son statut en devenant champion du monde à Eugene, aux États-Unis, avant de conserver son titre le 22 août 2023 à Budapest.
Dans la foulée, le 7 août 2024, il ajoutait une nouvelle ligne à son palmarès en conservant sa couronne olympique à Paris, une performance qu’aucun athlète n’avait réussie sur le 3000 m steeple depuis le Finlandais Volmari Iso-Hollo en 1936. Depuis, son nom figure systématiquement parmi les favoris des grandes compétitions.
Une maîtrise qui fait la différence
Les victoires de Rabat, de Stockholm et de Doha montrent que cette dynamique ne faiblit pas. À 30 ans, Soufiane El Bakkali conserve les qualités qui ont fait sa réputation. Sa gestion de course, sa maîtrise des barrières et de la rivière, mais aussi sa capacité à placer son accélération au bon moment continuent de faire la différence face à une concurrence toujours plus dense.
Cette constance s’explique aussi par sa manière de construire sa saison. Le Marocain ne multiplie pas les compétitions. Son calendrier est construit autour des grands rendez-vous et chaque sortie répond à une préparation précise, qu’il s’agisse des championnats du monde, des Jeux olympiques ou de la Diamond League. Son succès à Rabat constituait d’ailleurs sa cinquième victoire consécutive au Meeting international Mohammed VI.
Une référence pour le sport marocain
Même lorsqu’il ne signe pas son meilleur chrono, El Bakkali reste capable de maîtriser une course tactique, d’attendre son moment ou de prendre les commandes lorsque la situation l’exige
Au fil des années, cette exigence est devenue sa marque de fabrique. Même lorsqu’il ne signe pas son meilleur chrono, El Bakkali reste capable de maîtriser une course tactique, d’attendre son moment ou de prendre les commandes lorsque la situation l’exige. Cette faculté d’adaptation explique en grande partie pourquoi il demeure, aujourd’hui encore, l’homme à battre sur le steeple.
Soufiane El Bakkali occupe désormais une place particulière dans le sport marocain. Dans un paysage où les résultats individuels de très haut niveau restent rares, il incarne une forme de continuité. Chaque saison, son nom figure parmi les favoris des grandes compétitions internationales, sans que ce statut ne semble altérer son niveau d’exigence.
