Quand Reda El Alj débarque sur le campus de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) au début des années 90, il est frappé par un environnement à la fois futuriste et profondément ancré dans la R&D industrielle au niveau mondial : laboratoires de pointe, maquettes de moteurs d’avions, infrastructures technologiques avancées.
Il s’oriente naturellement vers le génie mécanique, guidé par une passion pour l’ingénierie automobile. Diplômé en 1998, alors que certains de ses camarades rejoignent des références comme la Scuderia Ferrari, ABB ou Nestlé, il fait le choix de rentrer au Maroc.
Une immersion dans la finance
À Casablanca, une rencontre déterminante l’oriente vers un univers inattendu : la finance. Il y évolue pendant près de dix-huit ans au sein de plusieurs institutions de premier plan, prenant finalement la tête d’une division dédiée à la gestion d’actifs, avec, à son pic, plus de cinq milliards de dollars sous gestion.
Au fil des années, il côtoie des profils qui élargissent son horizon bien au-delà de la place casablancaise : régulateurs, banquiers d’affaires, dirigeants de grands groupes internationaux.
En 2013, il fonde en parallèle Safari Advisors, cabinet de conseil en stratégie d’investissement. Mais au fil du temps, une frustration émerge : celle d’un environnement trop conceptuel, éloigné de l’opérationnel. « Le besoin de concret, de création de valeur tangible, est devenu central », confie-t-il. L’envie du terrain finit par l’emporter.
Transposer la finance à l’énergie
« J’ai juste remplacé les actions et les obligations par des panneaux et des onduleurs. La mécanique est identique », dit Reda El Alj avec le sourire
C’est dans ce contexte qu’il lance Green Tech Partners en 2018. L’ambition : accompagner les entreprises dans leur transition énergétique, à travers une offre intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, du diagnostic (bilan carbone, efficacité énergétique) à la mise en œuvre (centrales solaires photovoltaïques ou biomasse, mobilité électrique), jusqu’à l’exploitation. « J’ai juste remplacé les actions et les obligations par des panneaux et des onduleurs. La mécanique est identique », dit-il avec le sourire.
La structure fonctionne avec une logique directement héritée de la finance : structuration, optimisation des rendements, gestion du risque. Un modèle inspiré du private equity, avec une ouverture du capital aux personnes clés.
Aujourd’hui, avec un portefeuille de projets dépassant les 330 MWp en développement, Green Tech Partners accélère son expansion. Le groupe vise un changement d’échelle, d’abord au Maroc, puis en Afrique subsaharienne. La boucle se referme : trois lauréats de la même promotion se retrouvent associés dans l’aventure. L’ingénieur n’avait jamais vraiment disparu.
